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Cari aux crevettes

Cari aux crevettes sur une plage de l'Île de la Réunion

Plus qu’une recette, le cari aux crevettes est un carrefour : Réunion, Inde, Thaïlande dans une même assiette. Ce qui réunit ces territoires, ce n’est pas la crevette mais la base aromatique, oignons fondus, épices poussées, tomates confites, qui fait tout le voyage. La crevette, elle, n’en est que le passeport.

Présent sous des noms multiples : cari, curry, panang, Madras, carry camarons, il voyage d’une cuisine à l’autre sans jamais perdre son identité. Dans l’assiette, le riz blanc forme le terrain neutre, presque silencieux, sur lequel la sauce vient parler fort : jaune safrané, rouge pimenté, vert thaï, chaque couleur annonce une provenance différente. La crevette joue le premier rôle visuel mais le second rôle aromatique : c’est la base qui raconte le voyage, la crevette ne fait que l’incarner.

Avant même de parler de marinade ou de lait de coco, le cari de crevettes se joue dans la texture de sa base. Fond quasi sec, jus enrobant ou véritable bol de sauce : trois architectures, trois façons de raconter le même plat. Dans chaque cas, la grammaire reste identique : oignon, ail, épices, matière grasse. Mais la proportion de liquide, le temps de réduction et le rôle du lait de coco ou de la crème font basculer l’histoire du côté de la Réunion, de l’Inde ou d’une cuisine maison très européenne.

Le goût par soustraction

Sur l’île de La Réunion, le cari aux crevettes se raconte mieux que bien des guides touristiques : un plat fumant posé entre lagon, volcan et marchés d’épices. Il se construit sur un fond qui tient plus du jus court que de la sauce. Oignons, ail, gingembre, curcuma et thym reviennent d’abord dans l’huile. Les tomates rejoignent ensuite, en petits morceaux, pour compoter à couvert jusqu’à concentration. La base doit rougir, resserrer ses sucs, avant de recevoir les crevettes et un simple trait d’eau. À l’arrivée, la sauce est courte, parfumée, elle enrobe les crevettes au lieu de les noyer.

Le cari créole se sert avec un riz nature, des grains et un rougail citron, un plateau complet où chaque élément vient compléter le jus concentré. L’assiette est aux antipodes du curry « soupe de coco ». Le liquide est compté, le feu est contenu, le goût est porté par la réduction.

Dans le sud de l’Inde, certains currys de crevettes adoptent une logique voisine. La base part d’un mélange d’oignons, d’ail, de tomates et de poudre de curry, relevé de jus de citron, avec très peu de liquide ajouté. Le tout mijote juste assez pour atteindre une consistance presque ragoût. Le curry du sud de l’Inde se mange avec du riz ou des pains plats, même économie que le cari créole : beaucoup de parfum, peu de sauce.

La sauce à fleur de peau

Entre le jus court créole et le bain de lait de coco, il existe une zone intermédiaire : les currys semi-secs. Le fond n’est plus seulement un jus mais pas encore un océan. C’est le territoire des crevettes sautées au curry, d’inspiration indienne, et des currys express à la crème nés dans les cuisines européennes.

Les crevettes sont souvent marinées en amont : ail, huile, curry, parfois cumin, sauce soja ou jus de citron, puis rapidement sautées à feu vif. Il reste au fond de la poêle un jus épicé, gras juste ce qu’il faut, qui enrobe les crevettes sans former de vraie sauce. Servies avec du riz blanc, ces crevettes ail et curry à l’indienne peuvent rester dans cet état enrobant ou être saucées à la demande en ajoutant en fin de cuisson un peu de crème ou de lait de coco.

L’Europe, elle, joue la carte de la crème. Échalotes ou oignons reviennent dans l’huile avec de l’ail. Curry, piment doux, parfois gingembre rejoignent ensuite, avec une petite quantité de crème ou de lait de coco qui réduit vite et épaissit. Le résultat : une sauce courte, onctueuse, qui nappe sans baigner. Les crevettes au curry se posent aussi bien sur un riz blanc que sur des pâtes fraîches ou des nouilles.

Le bol comme destination

À l’autre extrémité du spectre, le curry de crevettes devient presque un prétexte à manger de la sauce. Dans les currys au lait de coco d’inspiration thaïe ou d’Asie du Sud-Est, l’oignon ou l’échalote, l’ail, le gingembre et la pâte de curry sont rapidement saisis, puis déglacés avec une bonne quantité de lait de coco. Le tout réduit à peine pour garder une texture fluide, généreuse, servie dans des bols profonds où les crevettes nagent dans un bain parfumé. Curry rouge, curry vert ou curry jaune, les crevettes y sont autant un motif qu’une garniture : c’est la sauce qui devient le cœur du plat.

Dans sa version restaurant à la française, ce fond très saucé se sophistique encore. Échalote suée, curry, fumet ou fond, crème ou lait de coco en quantité, réduction plus longue, parfois mixée et passée pour obtenir une texture lisse et brillante. La sauce est servie à la louche, à côté de crevettes rôties ou croustillantes, presque comme un jus dans l’univers classique. Avec ce fond de sauce, le cari de crevettes entre dans une autre économie : ce n’est plus seulement un plat sans façon, c’est un plat à composer, à napper.

Une grande oubliée : la crevette marinée au curry

Étrangement, la plupart des recettes de cari ou de curry de crevettes ne s’attardent presque pas sur la marinade. La crevette tombe dans la sauce en dernier, comme une simple protéine à pocher dans un bain parfumé. La question du temps de contact appartient aux ceviches, aguachiles et autres préparations crues où le citron vert cuit littéralement la chair.

La crevette est fragile : une marinade acide trop prolongée la cuit avant même qu’elle ne voie la poêle. Dans l’univers du curry, les marinades restent éclairs : ail, huile, curry, un peu de sel, parfois citron ou sauce soja, juste de quoi parfumer la surface et assaisonner la chair sans la durcir.

Mais dans un curry de crevettes classique, ce n’est presque jamais la marinade qui écrit l’histoire. Elle ajoute une première couche de saveur, là où la base, fond d’oignon, d’ail, d’épices et de coco ou de tomate, reste le véritable auteur du plat.

Le cari aux crevettes idéal en trois gestes

Dans l’océan de versions possibles, un cari aux crevettes idéal ressemble à une synthèse raisonnable. Ossature réunionnaise, sens des épices indien, rondeur du lait de coco. Trois gestes suffisent à le résumer : pousser la base d’oignons, d’ail, de gingembre, de curcuma et de tomates jusqu’au quasi confit. Fondre ensuite une pâte d’épices lisse dans ce socle. Détendre le tout avec juste assez de liquide pour obtenir une sauce nappante. Les crevettes n’arrivent qu’en dernier, pour une cuisson express dans ce bain frémissant. Quelques minutes à peine, le temps de les laisser rosir et rester juteuses. Plus qu’une nouvelle recette, c’est une méthode : faire parler la base, lisser les épices, protéger la crevette.

Cari aux crevettes sur une table en bois

POUR 4 PERSONNES • PRÉPARATION : 20 MIN • CUISSON : 20 MIN

INGRÉDIENTS

Pour la base

  • 30 ml (2 c. à soupe) d’huile végétale
  • 200 g (2 tasses) d’oignon haché fin
  • 15 ml (1 c. à soupe) d’ail haché
  • 10 ml (2 c. à thé) de gingembre frais haché
  • 5 g (1 c. à thé) de curcuma moulu
  • 5 g (1 c. à thé) de paprika doux
  • 2 g (1/2 c. à thé) de cumin moulu
  • 1 piment frais ou 2 g (1/2 c. à thé) de flocons de piment, au goût
  • 300 g (2 tasses) de tomates en dés
  • 3 branches de thym frais

Pour la pâte d’épices et la sauce

  • 10 g (2 c. à thé) de curry doux ou moyen
  • 5 g (1 c. à thé) de coriandre moulue
  • 200 ml (3/4 tasse + 2 c. à soupe) de lait de coco
  • 100 ml (un peu moins de 1/2 tasse) de bouillon léger ou d’eau
  • 5 ml (1 c. à thé) de jus de citron ou de lime
  • 2 g (1/2 c. à thé) de sel, plus au besoin

Crevettes et finition

  • 600 g (1 1/3 lb) de grosses crevettes crues décortiquées
  • 10 ml (2 c. à thé) d’huile végétale
  • 2 g (1/2 c. à thé) de curcuma moulu
  • 5 g (1 c. à thé) de sel
  • 15 ml (1 c. à soupe) de coriandre fraîche hachée, facultatif
  • Quartiers de citron ou de lime, pour servir

PRÉPARATION DU CARI AUX CREVETTES

  1. Chauffer l’huile dans une grande casserole à feu moyen. Ajouter l’oignon, l’ail, le gingembre, les épices et le thym. Cuire 8 à 10 minutes en remuant souvent, jusqu’à ce que l’oignon soit doré et tendre. Incorporer les tomates et laisser compoter 8 à 10 minutes à découvert, jusqu’au quasi confit.
  2. Mélanger le curry et la coriandre moulue avec 15 ml (1 c. à soupe) d’eau pour obtenir une pâte. Verser dans la casserole et cuire 2 minutes en enrobant bien la base. Ajouter le lait de coco, le bouillon, le jus de citron et le sel. Porter à légère ébullition, puis laisser mijoter 5 minutes jusqu’à sauce nappante.
  3. Déposer les crevettes dans un bol. Arroser d’huile, ajouter le curcuma et le sel, mélanger pour enrober. Glisser dans la sauce frémissante et cuire 3 à 4 minutes, jusqu’à ce qu’elles soient opaques et rosées.
  4. Goûter et ajuster le sel, le piment et le jus de citron. Parsemer de coriandre fraîche. Servir avec du riz blanc chaud et des quartiers de citron ou de lime.
Cari aux crevettes
Avant même de parler de marinade ou de lait de coco, le cari aux crevettes se joue dans la texture de sa base. Fond quasi sec, jus enrobant ou véritable bol de sauce : trois architectures, trois façons de raconter le même plat.

Pour la base

  • 30 ml 2 c. à soupe d'huile végétale
  • 200 g 2 tasses d'oignon haché fin
  • 15 ml 1 c. à soupe d'ail haché
  • 10 ml 2 c. à thé de gingembre frais haché
  • 5 g 1 c. à thé de curcuma moulu
  • 5 g 1 c. à thé de paprika doux
  • 2 g 1/2 c. à thé de cumin moulu
  • 1/2 c. à thé de flocons de piment, au goût
  • 1 piment frais ou 2 g
  • 300 g 2 tasses de tomates en dés
  • 3 branches de thym frais

Pour la pâte d'épices et la sauce

  • 10 g 2 c. à thé de curry doux ou moyen
  • 5 g 1 c. à thé 1 c. à thé de coriandre moulue
  • 200 ml 3/4 tasse + 2 c. à soupe de lait de coco
  • 100 ml un peu moins de 1/2 tasse de bouillon léger ou d'eau
  • 5 ml 1 c. à thé de jus de citron ou de lime
  • 2 g 1/2 c. à thé de sel, plus au besoin

Crevettes et finition

  • 600 g 1 1/3 lb de grosses crevettes crues décortiquées
  • 10 ml 2 c. à thé d'huile végétale
  • 2 g 1/2 c. à thé de curcuma moulu
  • 5 g 1 c. à thé de sel
  • 15 ml 1 c. à soupe de coriandre fraîche hachée, facultatif
  • Quartiers de citron ou de lime pour servir
  • Chauffer l'huile dans une grande casserole à feu moyen. Ajouter l'oignon, l'ail, le gingembre, les épices et le thym. Cuire 8 à 10 minutes en remuant souvent, jusqu'à ce que l'oignon soit doré et tendre. Incorporer les tomates et laisser mijoter 8 à 10 minutes à découvert, jusqu'au quasi confit.
  • Mélanger le curry et la coriandre moulue avec 15 ml (1 c. à soupe) d’eau pour obtenir une pâte. Verser dans la casserole et cuire 2 minutes en enrobant bien la base. Ajouter le lait de coco, le bouillon, le jus de citron et le sel. Porter à légère ébullition, puis laisser mijoter 5 minutes jusqu’à sauce nappante.
  • Déposer les crevettes dans un bol. Arroser d'huile, ajouter le curcuma et le sel, mélanger pour enrober. Glisser le tout dans la sauce frémissante et cuire 3 à 4 minutes, jusqu'à ce qu'elles soient opaques et rosées.
  • Goûter et ajuster le sel, le piment et le jus de citron. Parsemer de coriandre fraîche. Servir avec du riz blanc chaud et des quartiers de citron ou de lime.
Cari aux crevettes sur une table en bois
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L’huile rouge piquante

jeune homme versant de l'huile rouge chinoise sur des nouilles

Ils en mettent partout pour plusieurs raisons interconnectées, à la fois climatiques, culturelles, médicinales et historiques. L’huile rouge piquante s’inscrit dans une tradition d’excellence culinaire, devenant l’emblème liquide d’une région où la nourriture est élevée au rang d’art de vivre.

Mise à jour, 24 mai 2026 ⏱️ Lecture 7 minutes

L’amour a ses raisons

Une nécessité climatique et médicinale

Le climat chaud et humide du Sichuan explique en grande partie cette addiction culinaire. Cette consommation importante de piments permet de supporter le climat difficile de la région grâce à la transpiration qu’elle provoque. Le piment fait littéralement « suer les consommateurs, d’où l’intérêt dans les pays chauds ».

La médecine traditionnelle chinoise pose un principe fondamental : l’humidité interne du corps menace la santé. Le piment l’évacue, régule la température, rééquilibre l’organisme soumis à cet environnement subtropical.

Une transformation identitaire profonde

Les piments ne sont arrivés au Sichuan qu’au XVIIIe siècle. Ils en sont aujourd’hui l’âme culinaire la plus reconnaissable, parfois insupportable même pour les Chinois d’autres provinces. Cette emphase épicée actuelle a complètement redéfini ce qui était autrefois une cuisine raffinée mais non piquante.

La cuisine du Sichuan est désormais caractérisée par l’utilisation abondante d’ail et de piment, ainsi que du célèbre poivre de Sichuan. Les aliments sont généralement conservés par marinage, salage et séchage, puis épicés grâce à l’ajout d’une grande quantité d’huile de piment. Chengdu, berceau et capitale de cette tradition, en a fait l’une des grandes références de la gastronomie chinoise.

La philosophie du plaisir et de l’équilibre

L’huile piquante ne se réduit pas à une question de climat. Le Sichuan est le berceau du taoïsme, et le taoïsme enseigne la complémentarité entre l’Homme et la Nature. Cette religion influence naturellement la cuisine locale où manger n’est pas seulement se nourrir, c’est aussi une fête, un plaisir artistique et spirituel.

L’huile piquante incarne cette recherche d’équilibre : elle combine la sensation mala (engourdissement et piquant) qui crée une harmonie de contrastes sur le palais. Son arôme puissant, son piquant envoûtant et sa fameuse sensation de « picotement » typique du poivre du Sichuan sublime instantanément nouilles, dumplings, riz et bien plus encore.

Le bonheur a la couleur du piment

Le rouge symbolise le bonheur et la prospérité dans la tradition chinoise. Pour le Nouvel An chinois, les familles s’habillent en rouge, décorent la maison de touches écarlates, et le repas de fête exige lui aussi son plat rouge. L’huile rouge devient ainsi un condiment festif qui incarne visuellement ces valeurs culturelles. La couleur provient spécifiquement de la poudre de piments rouges séchés qui constitue l’ingrédient principal du condiment.

Les profils aromatiques de l’huile épicée

L’huile rouge ne se fait pas : elle se construit. Chaque méthode d’infusion produit un caractère différent, du plus fulgurant au plus patient.

La méthode à feu moyen (rapide)

L’huile monte à 130°C, les épices plongent et dorent lentement. Pour l’huile rouge du Sichuan, la température grimpe jusqu’à 180°C au moment critique : celui où l’huile bouillante rencontre la poudre de piment. Les arômes sont immédiats, intenses. La méthode libère dans l’air une « nuée de capsaïcine » qui impose de travailler en extérieur, gants et masque de rigueur.

La méthode douce (confit d’épices)

Ici, rien ne se précipite. L’huile se maintient à 90°C pendant deux heures, les épices immergées infusent lentement. Certains descendent même à 40°C, un chauffage à peine perceptible, quelques minutes au micro-ondes suffisent. Les composés aromatiques volatiles, qui s’évaporent à haute température, survivent à ce traitement doux. L’huile gagne en finesse ce qu’elle concède en puissance.

La méthode à froid (macération longue)

Les épices séchées rejoignent l’huile à température ambiante. Le temps fait le reste. Une semaine minimum, deux à trois pour une intensité maximale, le tout dans un récipient hermétique à l’abri de la lumière. Pas de fumée, pas de risque de brûlure : le goût se construit lentement, s’approfondit de jour en jour. Les herbes fraîches et les piments frais, eux, n’attendent que 48 à 72 heures.

La méthode hybride (deux étapes)

La méthode hybride emprunte aux deux registres. Une première infusion à chaud développe les pyrazines, ces arômes grillés, profonds, presque torréfiés. L’huile est filtrée, puis replonge dans une seconde infusion à froid avec des épices fraîches, pour récupérer les composés volatiles évaporés lors de la cuisson. La double extraction produit une huile d’une complexité aromatique rare.

La clé de l’huile piquante maison

Quel que soit la méthode choisie, retirez toujours les ingrédients frais (ail, herbes fraîches, échalotes) après l’infusion pour éviter le développement bactérien et conserver l’huile plus longtemps. Filtrez l’huile refroidie et conservez-la dans un endroit frais, sombre et sec jusqu’à 6 mois. Pour les épices séchées comme le piment, certaines traditions chinoises les laissent dans l’huile, créant un condiment épais avec les sédiments épicés au fond du bocal.

L’huile rouge, caméléon du Sichuan

L’huile rouge du Sichuan occupe une place centrale dans la cuisine chinoise traditionnelle, bien au-delà d’un simple condiment. Elle constitue « un incontournable » présent quotidiennement dans les placards domestiques chinois. Sa polyvalence extraordinaire fait qu’elle rehausse n’importe quel plat, transformant des ingrédients simples en expériences gustatives complexes.

Variante rapide pour une huile piquante en deux minutes

Vinaigre de riz, sauce soja, sucre, ail haché, flocons de piment dans un bol puis l’huile fumante versée d’un coup. La complexité aromatique n’est pas au rendez-vous, mais la satisfaction, elle, est immédiate.

L’huile rouge authentique du Sichuan produit une huile rouge éclatante avec la sensation mala caractéristique combinant piquant et engourdissement. La recette qui suit met en œuvre la méthode hybride dans sa forme la plus aboutie : infusion lente, choc thermique, puis quarante-huit heures de patience.

Chaque famille y glisse sa signature : échalotes, cébettes, cardamome ou zeste d’orange bio.

Huile rouge de Sichuan avant filtration

Pour environ 300 ml – Préparation : 20 min – Cuisson : 45 min – Repos : 48 h

INGRÉDIENTS

Pour l’infusion de l’huile chinoise aromatique

  • 250 ml (1 tasse) d’huile d’arachide ou de colza
  • 4 gousses d’ail légèrement écrasées
  • 20 g (4 c. à thé) de gingembre frais émincé
  • 15 ml (1 c. à soupe) de graines de coriandre
  • 15 ml (1 c. à soupe) de grains de poivre du Sichuan
  • 2 anis étoilés
  • 1 bâton de cannelle
  • 2 clous de girofle

Pour le mélange de l’huile épicée

  • 40 g (⅓ tasse) de piments rouges chinois séchés
  • 30 g (¼ tasse) de flocons de piment coréen (gochugaru)
  • 15 g (1 c. à soupe) de grains de poivre du Sichuan supplémentaires
  • 3 g (½ c. à thé) de sel
  • 5 g (1 c. à thé) de sucre
  • 25 ml (1 ½ c. à soupe) de sauce soja
  • 8 g (½ c. à soupe) de graines de sésame

PRÉPARATION DE L’HUILE ROUGE

  1. Préchauffer le four à 180 °C (350 °F). Étaler les piments rouges séchés sur une plaque et les griller pendant 8 minutes jusqu’à coloration brun-rougeâtre sans noircissement. Ajouter les grains de poivre du Sichuan supplémentaires pour les 3 dernières minutes, puis laisser refroidir 5 minutes.
  2. Dans un moulin à épices ou un mortier, broyer finement les piments et le poivre grillés avec le sel, le sucre et les flocons de piment coréen. Transférer le mélange dans un bol résistant à la chaleur et réserver.
  3. Griller à sec les graines de coriandre dans une petite poêle jusqu’à ce qu’elles libèrent leur parfum. Dans une casserole, verser l’huile avec l’ail, le gingembre, les graines de coriandre grillées, le poivre du Sichuan, l’anis étoilé, la cannelle et les clous de girofle.
  4. L’huile doit être maintenue entre 110 et 120 °C à feu très doux pendant 30 à 45 minutes pour permettre aux épices d’infuser sans brûler. Les aromates doivent colorer légèrement et parfumer généreusement l’huile.
  5. Filtrer l’huile à travers une passoire fine pour retirer les gros aromates. Chauffer de nouveau l’huile à 135-180 °C jusqu’à ce que l’ail et le gingembre restants commencent à brunir.
  6. Verser l’huile bouillante directement sur la poudre de piment en une seule fois. Le mélange bouillonne vigoureusement pendant environ 20 secondes. Incorporer immédiatement la sauce soja et les graines de sésame, puis remuer délicatement.
  7. Laisser refroidir complètement à température ambiante, puis couvrir et laisser reposer au moins 48 heures pour développer tous les arômes. Transférer dans un bocal stérilisé. L’huile se conserve jusqu’à un mois dans un endroit frais et sombre, ou plusieurs mois au réfrigérateur.
Huile rouge piquante du Sichuan
L'huile rouge ne se fait pas : elle se construit. Chaque méthode d'infusion produit un caractère différent, du plus fulgurant au plus patient. L'huile piquante incarne cette recherche d'équilibre : elle combine la sensation mala (engourdissement et piquant) qui crée une harmonie de contrastes sur le palais. Son arôme puissant, son piquant envoûtant et sa fameuse sensation de « picotement » typique du poivre du Sichuan sublime instantanément nouilles, dumplings, riz et bien plus encore.

Pour l'infusion de l'huile chinoise aromatique

  • 250 ml 1 tasse d'huile d'arachide ou de colza
  • 4 gousses d’ail légèrement écrasées
  • 20 g 4 c. à thé de gingembre frais émincé
  • 15 ml 1 c. à soupe de graines de coriandre
  • 15 ml 1 c. à soupe de grains de poivre du Sichuan
  • 2 anis étoilés
  • 1 bâton de cannelle
  • 2 clous de girofle

Pour le mélange de l'huile épicée

  • 40 g ⅓ tasse de piments rouges chinois séchés
  • 30 g ¼ tasse de flocons de piment coréen (gochugaru)
  • 15 g 1 c. à soupe de grains de poivre du Sichuan supplémentaires
  • 3 g ½ c. à thé de sel
  • 5 g 1 c. à thé de sucre
  • 25 ml 1 ½ c. à soupe de sauce soja
  • 8 g ½ c. à soupe de graines de sésame

PRÉPARATION DE L'HUILE ROUGE

  • Préchauffer le four à 180 °C (350 °F). Étaler les piments rouges séchés sur une plaque et les griller pendant 8 minutes jusqu’à coloration brun-rougeâtre sans noircissement. Ajouter les grains de poivre du Sichuan supplémentaires pour les 3 dernières minutes, puis laisser refroidir 5 minutes.
  • Dans un moulin à épices ou un mortier, broyer finement les piments et le poivre grillés avec le sel, le sucre et les flocons de piment coréen. Transférer le mélange dans un bol résistant à la chaleur et réserver.
  • Griller à sec les graines de coriandre dans une petite poêle jusqu’à ce qu’elles libèrent leur parfum. Dans une casserole, verser l’huile avec l’ail, le gingembre, les graines de coriandre grillées, le poivre du Sichuan, l’anis étoilé, la cannelle et les clous de girofle.
  • L’huile doit être maintenue entre 110 et 120 °C à feu très doux pendant 30 à 45 minutes pour permettre aux épices d’infuser sans brûler. Les aromates doivent colorer légèrement et parfumer généreusement l’huile.
  • Filtrer l’huile à travers une passoire fine pour retirer les gros aromates. Chauffer de nouveau l’huile à 135-180 °C jusqu’à ce que l’ail et le gingembre restants commencent à brunir.
  • Verser l’huile bouillante directement sur la poudre de piment en une seule fois. Le mélange bouillonne vigoureusement pendant environ 20 secondes. Incorporer immédiatement la sauce soja et les graines de sésame, puis remuer délicatement.
  • Laisser refroidir complètement à température ambiante, puis couvrir et laisser reposer au moins 48 heures pour développer tous les arômes. Transférer dans un bocal stérilisé. L’huile se conserve jusqu’à un mois dans un endroit frais et sombre, ou plusieurs mois au réfrigérateur.
Huile rouge de Sichuan avant filtration