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Sauce tomate italienne sarde

tomate en Sardaigne

La bolognaise a trouvé son adversaire

En Sardaigne, la sauce tomate italienne sarde n’a rien à envier à la bolognaise : même générosité, même lenteur, même ambition. Mais la viande hachée cède la place à la saucisse au fenouil, et le parmesan au pécorino. Une substitution qui n’a rien d’un compromis : c’est une déclaration d’identité.

(Mis à jour le 28 février 2026) ⏱️ 4 minutes de lecture

L’île qui donne la leçon

La Sardaigne ne reçoit pas la tomate : elle la saisit. Dès le XVIIIe siècle, sa position en Méditerranée et ses liens étroits avec l’Espagne en font l’une des premières terres italiennes à intégrer le fruit rouge dans sa cuisine. Pendant que le reste de la péninsule hésite encore, les cuisines sardes mijotent déjà.

La preuve la plus savoureuse de cette précocité est peut-être anecdotique : c’est en débarquant en Sardaigne que beaucoup de Piémontais découvrent la tomate pour la première fois, sous la gouvernance savoyarde. Giovanni Vialardi, chef de cuisine de la cour royale de Savoie, en prend bonne note — et baptise ses recettes à la tomate alla sarda. L’île enseignait au continent.

Le fenouil sauvage et la sauce tomate italienne authentique

Le fenouil est la signature de toute la tradition culinaire sarde. En Sardaigne, c’est le fenouil sauvage — le Foeniculum vulgare — qui est privilégié : plus parfumé que sa variante cultivée, il pousse naturellement sur l’île. Ajouté en début de cuisson, il infuse lentement la sauce sans jamais l’alourdir, créant une complexité aromatique que les versions continentales n’atteignent pas.

Le camone et le Moro Sardo : tomates d’une île

Derrière la formule « tomates rouges rondes locales » se cachent des variétés que le reste de l’Italie ne connaît guère. Le camone, reconnaissable à sa peau rouge foncé striée de vert, offre une pulpe ferme et croquante d’une fraîcheur remarquable. Le Moro Sardo, cultivé dans les seules communes de Pula, Sarroch et Capoterra, tire ses caractéristiques des eaux minérales qui irriguent ces terres du sud de l’île. Ce sont elles qui donnent à la sauce tomate italienne de Sardaigne son profil gustatif inimitable.

Ces variétés ne voyagent pas. Mais la méthode, elle, s’exporte parfaitement : avec de bonnes tomates rondes bien mûres, la sauce sarde se laisse approcher partout.

Fin juillet, la saison sacrée

Chaque famille garde jalousement sa recette. Et chaque fin juillet, début août, le rituel reprend. C’est la tzia — la tante, en sarde — qui en détient les secrets. Autour d’elle : ceux qui ont planté les tomates, ceux qui les ont récoltées, ceux qui surveillent la cuisson, ceux qui mettent en bocaux. Trois générations, une seule journée, une transmission qui ne passe jamais par l’écrit.

Cette tradition-là, les archives ne la conservent pas. Et c’est précisément ce qui la rend fragile : les familles modernes abandonnent progressivement ces journées collectives. La sauce existe encore ; le geste, lui, disparaît.

La sauce tomate italienne sarde vue par les chefs

Quelques chefs maintiennent vivante cette tradition en lui donnant une audience nouvelle. Roberto Petza, étoilé Michelin, est devenu le pionnier de la nouvelle cuisine sarde en réconciliant l’héritage insulaire et l’exigence contemporaine. À Paris, Simone Tondo dirige le restaurant Racines avec les saveurs de son île en boussole. Luca Sanna, originaire d’Iglesias, a été couronné meilleur chef de cuisine italienne à Londres lors du concours Parmigiano Reggiano — une ironie dont la Sardaigne doit sourire.

La version du chef Simone Tondo

La structure est la même — saucisse, tomate, feu doux — mais les détails changent : une carotte adoucit l’oignon en début de cuisson, le romarin prend la place du fenouil, un pécorino affiné six à douze mois remplace le râpé du quotidien. La recette familiale transmet ; le chef interprète.

SAUCE TOMATE ITALIENNE SARDE AUTHENTIQUE

Sauce tomate italienne sarde

POUR 4 à PERSONNES  •  PRÉPARATION 10 MIN •  CUISSON 1 H 30 •  

INGRÉDIENTS

  • 400 g de saucisses sardes au fenouil (à défaut : saucisses italiennes douces)
  • 1 litre (4 tasses) de sauce tomate
  • 45 ml (3 c. à soupe) d’huile d’olive extra vierge
  • 1 oignon
  • 2 gousses d’ail
  • 2,5 ml (½ c. à thé) de graines de fenouil
  • 1 pincée de safran torréfié
  • 1 petit piment d’oiseau (facultatif)
  • 1 pincée de sucre
  • Sel de mer, poivre noir
  • Pécorino râpé (ou parmesan, à défaut)

PRÉPARATION

  1. Retirer la chair des saucisses du boyau et l’émietter à la main. Émincer finement l’oignon ; presser l’ail.
  2. Dans une grande casserole bien chaude, faire revenir l’oignon et l’ail dans l’huile d’olive jusqu’à coloration dorée. Ajouter la viande émiettée et la saisir à feu vif.
  3. Verser la sauce tomate. Incorporer les graines de fenouil, le piment, le sucre et le sel. Laisser mijoter à feu doux pendant 1 h 30, jusqu’à épaississement.
  4. Cinq minutes avant la fin, ajouter le safran torréfié. Laisser reposer le temps de cuire les pâtes. Poivrer et saupoudrer de pécorino au moment de servir.

ACCOMPAGNEMENT

Servir avec des gnocchis, des pappardelles ou des penne.


Les produits traditionnels sardes, dont la saucisse au fenouil, sont répertoriés dans l’Arca del Gusto de la Fondazione Slow Food :

Sauce tomate italienne sarde
Recette de la famille : sauce tomate italienne à la saucisse au fenouil et parmesan au pécorino râpé
  • 400 g de saucisses sardes au fenouil ou ou saucisses italiennes douces environ 4 à 5 saucisses
  • 1 L 4 tasses de sauce tomate
  • 45 ml 3 c. à soupe d'huile d'olive extra vierge
  • 1 gousses d'ail
  • 2 ½ c. à thé de graines de fenouil
  • 1 pincée de safran torréfié
  • 1 pincée de sucre
  • 1 pincée de Sel de mer
  • pécorino râpé *(ou parmesan, à défaut)
  • 1. Retirer la chair des saucisses du boyau et l'émietter à la main. Émincer finement l'oignon ; presser l'ail.
  • 2. Dans une grande casserole bien chaude, faire revenir l'oignon et l'ail dans l'huile d'olive jusqu'à coloration dorée. Ajouter la viande émiettée et la saisir à feu vif.
  • 3. Verser la sauce tomate. Incorporer les graines de fenouil, le piment, le sucre et le sel. Laisser mijoter à feu doux pendant 1 h 30, jusqu'à épaississement.
  • 4. Cinq minutes avant la fin, ajouter le safran torréfié. Laisser reposer le temps de cuire les pâtes. Poivrer et saupoudrer de pécorino au moment de servir.
Sauce tomate italienne sarde

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La sauce arrabbiata

Une sauce au tempérament  de feu comme ses créateurs, les Romains. Arrabbiata signifie être en colère. Toutefois, avec la sauce arrabbiata, on ne devient pas tout rouge sous l’effet de la colère mais plutôt sous l’effet du piment. 


Plat typique de la cuisine romaine et du latium, les Romains mangent le plus souvent les penne à l’arrabbiata quand ils ont un repas facile à improviser. Pour une sauce plus fruitée, on utilisera un piment frais. Pour une sauce plus fumée, le piment sec.

La sauce au cinéma

La sauce arrabbiata contient très peu d’ingrédients. De la tomate, du piment, du persil et de l’ail. Côté cinéma, elle s’est immortalisée avec Marco Ferreri dans le film la grande bouffe et avec Fellini dans le film Roma. Coppola ira même jusqu’a créer une sauce arrabbiata à son nom.

sauce arrabiatta

RECETTE DE PENNE À L’ ARRABBIATA

POUR 4 PERSONNES  •  PRÉPARATION 10 MIN •  CUISSON 20 MIN

Cette sauce originaire de la campagne romaine dans le Latium accompagne notamment les penne (penne all’arrabbiata). Les penne striées (rigate) donneront plus de retenu à la sauce. Les puristes n’ajouteront pas de fromage au plat de pâte. Les autres mettront du parmesan ou du pecorino romano.


INGRÉDIENTS

  • 400 g de penne
  • 1 oignon, haché
  • 5 ml (1 c. à thé) de flocons de piment fort broyé
  • persil plat ciselé*
  • 45 ml (3 c. à soupe) d’huile d’olive
  • 2 gousses d’ail pressées
  • 1 pincée de sucre
  • 2 pincées de gros sel de mer

ÉTAPES

  1. Dans une casserole assez grande pour contenir toutes les pâtes, dorer l’oignon et le piment dans l’huile.
  2. Ajouter l’ail et poursuivre la cuisson 1 minute.
  3. Ajouter les tomates, le sel, le sucre et poursuivre la cuisson environ 20 minutes.
  4. Faire cuire les pâtes dans une marmite d’eau bouillante salée jusqu’à ce qu’elles soient al dente.
  5. Verser les pâtes égouttées dans la sauce tomate, ajouter le persil ciselé et bien mélanger.

— On peut remplacer le persil par du basilic fais.

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Sauce tomate de base

Les secrets intemporels de la sauce italienne parfaite repose sur la simplicité et la fraîcheur de ses ingrédients.

Sous ses airs de simplicité, la sauce tomate de base exige précision et patience : choix des tomates, cuisson maîtrisée, arômes infusés et finitions soignées. Découvrez les gestes qui font toute la différence, du feu doux aux parfums préservés.

Choisir, couper, laisser réduire: la méthode infaillible

La sauce tomate de base révèle ses mystères dans la simplicité apparente de ses gestes. Ainsi, la qualité des tomates San Marzano, choisies pour leur chair dense et leur équilibre sucre-acidité, constituent le socle de cette recette sauce tomate italienne authentique. Cependant, la maîtrise réside dans la cuisson lente et patiente : quarante-cinq minutes à une heure de mijotage doux permettent à l’eau de végétation de s’évaporer progressivement, concentrant les arômes naturels.

Sauce tomate maison: infusion aromatique et assaisonnement précis

L’infusion délicate des aromates transforme cette 
sauce tomate maison en véritable signature culinaire. En effet, l’oignon entier, ajouté en début de cuisson puis retiré, parfume subtilement sans dominer, tandis que l’ail, doucement doré dans l’huile d’olive, libère ses notes profondes sans jamais développer d’amertume. Par ailleurs, l’assaisonnement progressif — sel après réduction, poivre en fin de cuisson — respecte l’évolution des saveurs.

Préparez un hachis avec un quart d’oignon, une gousse d’ail, un morceau de céleri long comme un doigt, quelques feuilles de basilic et suffisamment de persil. Assaisonnez avec un peu d’huile, sel et poivre, coupez sept ou huit tomates, et mettez le tout au feu ensemble. Pellegrino Artusi

Finition sauce tomate: basilic frais et liaison à l’eau de cuisson

Enfin, les finitions révèlent l’art : basilic frais incorporé hors du feu pour préserver véritablement ses essences volatiles, et cette astuce ancestrale qui consiste à lier la sauce avec un trait d’eau de cuisson des pâtes. Cette technique confère à la préparation un aspect brillant et soyeux, signature d’une sauce tomate réussie qui transcende les générations.

sauce tomate de base

Sauce tomate de base (sugo di pomodoro)

POUR 4 PERSONNES  •  PRÉPARATION 20 MIN •  CUISSON 1 H

Cette recette est validée par l’Accademia Italiana della Cucina 1et reprend les principes exposés dans “La Science en cuisine” d’Artusi 2et dans les ouvrages patrimoniaux du XIXe siècle.


INGRÉDIENTS

  • 2 kg de tomates bien mûres (idéalement allongées – type San Marzano) | 2 kg (4,4 lb)
  • 50 ml d’huile d’olive extra-vierge | 50 ml (1,7 fl oz)
  • ½ oignon | 60 g (2 oz)
  • Sel | à ajuster
  • Poivre | à ajuster
  • Sucre (facultatif, pour réduire l’acidité) | 1 c. à c. (5 ml)
  • Quelques feuilles de basilic frais | 5 g (0,2 oz)
  • Fromage râpé type cacioricotta (ricotta salée) | 40 g (1,4 oz)

ÉTAPES

  1. Faire bouillir de l’eau dans une grande casserole.
  2. Plonger brièvement les tomates entières pour les peler facilement.
  3. Couper les tomates en dés.
  4. Passer les tomates au moulin à légumes manuel afin de retirer toutes les peaux et obtenir un coulis.
  5. Verser la purée de tomates obtenue dans une sauteuse avec l’huile d’olive et l’oignon entier.
  6. Porter à ébullition.
  7. Baisser le feu et cuire à feu doux, sans couvercle, jusqu’à ce que toute l’eau de végétation s’évapore (compter environ 1 heure).
  8. Retirer l’oignon.
  9. Saler, poivrer et, si besoin, incorporer une pointe de sucre.
  10. Ciseler quelques feuilles de basilic frais et les incorporer hors du feu à la sauce chaude.
  11. Mélanger soigneusement.
  12. Servir la sauce sur des pâtes longues (spaghettilinguine).
  13. Ajouter, selon les goûts, du fromage râpé et un filet d’huile d’olive.
  1. Accademia Italiana della Cucina ↩︎
  2. Pellegrino ArtusiLa science de la cuisine et l’art de manger bien (1891) ↩︎
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La Sauce puttanesca

Naples est sans contredit le berceau de la sauce puttanesca. Pourtant les Romains en revendiquent la recette. Maintenant, on ne comptent plus les légendes de la célèbre recette.


Selon la légende, les putains de Naples n’avaient pas beaucoup de temps à passer derrière les fourneaux. Par conséquent, elles aimaient cette sauce pour son goût pimenté et sa rapidité d’exécution, entre deux passes. Mais les es origines de la recette sont obscures.

Les légendes de la puttanesca

Plusieurs hypothèses de l’origine de la recette, non confirmées, tiennent de la légende; il y a celle du propriétaire d’une maison close de Rome qui servait les pâtes à la sauce puttanesca à ses clients, celle du propriétaire d’un bordel à Naples, celle faisant référence aux couleurs vert et rouge des sous-vêtements portés par les putains du bordel, celle d’une fille de joie nommée Yvette la française qui a donné le nom de son métier à l’invention de son plat ou encore celle du peintre Eduardo Colucci qui préparait sa spécialité pour ses amis.

Les Napolitains croient être originaire du célèbre plat. Il faut dire qu’ils ont été les premiers à marier les pâtes à la sauce tomate. Cependant les Romains continuent à revendiquer l’origine de la recette avec toutefois un ingrédient de plus: l’anchois. En 2014, la cheffe britannique Nigella Lawson change le nom de la recette: les « slattern spaghetti », pensant à un terme mieux adapté pour la télévision. En Italie, le quotidien «Il Corriere della Sera» qualifie ce changement à une exagération politiquement correct.

Sauce Puttanesca. Une des meilleures recettes du monde

SPAGHETTI À LA SAUCE PUTTANESCA

POUR 4 PERSONNES  •  PRÉPARATION 10 MIN •  CUISSON 15 MIN


INGRÉDIENTS

  • 400 g de spaghetti
  • 750 ml (3 tasses) de sauce tomate
  • 20 olives noires dénoyautées et hachées
  • 3 filets d’anchois en boîte tranchés finement
  • 30 ml (2 c.à soupe) de câpres
  • 1.25 ml (1/4 c. à thé) de piment rouge fort
  • 2 gousses d’ail pressées
  • 30 ml (2 c.à soupe) d’huile d’olive
  • 60 ml (1/4 tasse) de persil plat, ciselé
  • Sel de me

ÉTAPES

  1. Cuire les spaghetti al dente dans un grand récipient d’eau bouillante salée.
  2. Dans une poêle assez grande pour contenir toutes les pâtes, verser l’huile, l’ail, le piment et une pincée de sel.
  3. Faire chauffer à feu modéré. 
  4. Ajouter les anchois (rincé) et remuer 1 minute. 
  5. Ajouter le reste des ingrédients, porter à ébullition. Laisser mijoter 15 minutes. 
  6. Ajouter les pâtes et faire cuire à feu vif pendant 1 minute tout en mélangeant.
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Vinaigrette italienne

Salade verte italienne au Clos Lucé

Léonard de Vinci, végétarien à contre-courant

Léonard de Vinci, végétarien solitaire dans une Italie de banquets carnés, compose sa table comme ses tableaux : avec précision et peu de superflu. Salade, minestrone, herbes du jardin — et une vinaigrette italienne où la sauge tient le rôle principal. Une recette que la Renaissance aurait pu signer.

Mise à jour, 24 mars 2026 ⏱️ Lecture 5 minutes

L’assiette et les oiseaux de Florence

À une époque où les banquets italiens célèbrent la viande rôtie et le gibier, Léonard de Vinci fait un autre choix. Fruits, légumes, céréales, pâtes, grandes salades — sa table reflète une conviction rare pour le XVe siècle, assumée publiquement dans un monde qui n’a pas encore de mot pour la nommer.

Ce décalage ne se limite pas à l’assiette. Léonard fréquente les marchés aux bestiaux de Florence pour acheter des oiseaux en cage et leur rendre la liberté. Le geste est connu, répété, délibéré.

La salade, la minestrone et le conseil sur le vin

Son régime quotidien tient en quelques préparations simples : légumes du marché, soupes épaisses, plats de céréales, salades où les feuilles croisent herbes fraîches et légumes croquants. La minestrone revient souvent, pour sa densité et sa chaleur.

Soucieux de son corps comme il l’est des mécaniques qu’il dessine, il consigne ses principes. Sur le vin, sa formule est nette : « Sois sobre ; bois-en souvent mais peu, jamais en dehors des repas, ni à jeun. »

Au Clos Lucé : la table de Léonard et la vinaigrette italienne de la Renaissance

Invité par François Ier en 1516, Léonard s’installe au Château du Clos Lucé, à Amboise, dans le Val de Loire. Le roi lui accorde le titre de « Premier Peintre, Ingénieur et Architecte du Roi ». Un souterrain relie les deux demeures, permettant les visites discrètes. Léonard y passe les trois dernières années de sa vie.

La salle à manger du Clos Lucé dit beaucoup de son quotidien : murs de pierres apparentes, cheminée monumentale aux armes de France, grande table de bois entourée de chaises Renaissance. C’est là que sa servante Mathurine prépare ses repas — légumes, céréales, herbes — selon ses instructions précises.

Le bol de majolique et la vinaigrette de la Renaissance

Sur cette table, la salade arrive dans un bol de majolique italienne, céramique émaillée typique des demeures de cour au XVIe siècle. Un objet qui prolonge son regard de naturaliste autant qu’il sert le repas.

La vinaigrette qu’il y verse suit les mêmes principes que ses carnets : observer, équilibrer, ne rien forcer. Huile d’olive de Toscane, vinaigre de vin, miel pour lier, ail, sauge et basilic du jardin..

La vinaigrette italienne : l’huile, le vinaigre, la sauge

La vinaigrette italienne repose sur un rapport classique : trois parts d’huile d’olive pour une part de vinaigre. L’huile adoucit, le vinaigre tranche, l’ail relève. La moutarde, absente des versions les plus anciennes, s’est imposée progressivement comme agent liant.

La sauge occupe une place à part. Plante médicinale documentée depuis l’Antiquité, elle figure dans les textes de Pline l’Ancien et dans le Capitulare de Villis de Charlemagne comme herbe de premier rang. Son nom latin, Salvia officinalis, vient de salvare — guérir. Dans une vinaigrette, ses feuilles finement ciselées ajoutent une note camphrée et légèrement poivrée qui tranche avec la douceur du basilic.

Vinaigrette italienne maison pour salades, céréales et pâtes

Préparée en quelques minutes, la vinaigrette italienne maison dépasse largement la salade verte. Elle nappe aussi bien une salade de lentilles tièdes, des pâtes froides, du farro ou de l’orge — céréales ancrées dans la cuisine italienne depuis l’Antiquité. Le sel se dissout d’abord dans le vinaigre, l’huile s’incorpore ensuite en filet, le fouet crée l’émulsion. Les herbes rejoignent en dernier pour conserver leur parfum.

RECETTE DE VINAIGRETTE ITALIENNE


Bol de majolique et sa vinaigrette italienne

POUR 4 PERSONNES  •  PRÉPARATION 10 MIN •  CUISSON 0 MIN •  

INGRÉDIENTS

  • 90 ml (6 c. à soupe) d’huile d’olive extra-vierge
  • 30 ml (2 c. à soupe) de vinaigre de vin rouge ou de balsamique jeune
  • 10 ml (2 c. à thé) de moutarde de Dijon
  • 5 ml (1 c. à thé) de miel
  • 10 ml (2 c. à thé) de basilic frais ciselé
  • 5 ml (1 c. à thé) de sauge fraîche finement ciselée
  • 5 ml (1 c. à thé) d’origan séché
  • 5 ml (1 c. à thé) d’ail haché
  • Sel et poivre noir du moulin

PRÉPARATION

  1. Verser le vinaigre dans un bol moyen. Ajouter la moutarde, le miel et une pincée de sel. Fouetter jusqu’à l’obtention d’un mélange homogène.
  2. Incorporer l’ail, le basilic, la sauge et l’origan. Laisser reposer deux à trois minutes pour que les herbes parfument la base.
  3. Arroser progressivement d’huile d’olive en fouettant énergiquement jusqu’à émulsion. Rectifier l’assaisonnement, puis verser sur la salade juste avant de servir.

SALADE VERTE ITALIENNE — chicorée, cresson, roquette

POUR 4 PERSONNES  •  PRÉPARATION 15 MIN •  CUISSON 0 MIN •  

INGRÉDIENTS

  • 1 petite tête de chicorée, feuilles séparées
  • 1 bouquet de cresson, tiges retirées
  • 60 ml (¼ tasse) de feuilles de roquette
  • 15 ml (1 c. à soupe) de feuilles de menthe fraîche
  • 15 ml (1 c. à soupe) de persil italien frais, grossièrement haché
  • 10 ml (2 c. à thé) de feuilles de cerfeuil frais
  • Quelques feuilles de fenouil sauvage ou d’aneth, au goût

PRÉPARATION

  1. Laver et essorer soigneusement toutes les feuilles. Déchirer la chicorée en morceaux de taille uniforme.
  2. Réunir la chicorée, le cresson, la roquette et les herbes fraîches dans un grand saladier. Mélanger délicatement pour bien répartir les saveurs.
  3. Napper de vinaigrette italienne juste avant de servir. Poivrer au moulin et mélanger une dernière fois.
Recette de vinaigrette italienne
Vinaigrette italienne maison à la sauge et au basilic, inspirée de la table végétarienne de Léonard de Vinci.
  • 90 ml 6 c. à soupe d'huile d'olive extra-vierge
  • 30 ml 2 c. à soupe de vinaigre de vin rouge ou de balsamique jeune
  • 10 ml 2 c. à thé de moutarde de Dijon
  • 5 ml (1 c. à thé de miel
  • 10 ml 2 c. à thé de basilic frais ciselé
  • 5 ml 1 c. à thé de sauge fraîche finement ciselée
  • 5 ml 1 c. à thé d'origan séché
  • 5 ml 1 c. à thé d'ail haché
  • Sel et poivre noir du moulin
  • 1. Verser le vinaigre dans un bol moyen. Ajouter la moutarde, le miel et une pincée de sel. Fouetter jusqu'à l'obtention d'un mélange homogène.
  • 2. Incorporer l'ail, le basilic, la sauge et l'origan. Laisser reposer deux à trois minutes pour que les herbes parfument la base.
  • 3. Arroser progressivement d'huile d'olive en fouettant énergiquement jusqu'à émulsion. Rectifier l'assaisonnement, puis verser sur la salade juste avant de servir.
Bol de majolique et sa vinaigrette italienne