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Poulet au beurre

poulet au beurre avec riz basmati et pain nan

Ce plat emblématique impose une sauce onctueuse et presque aérienne. Mais qu’est-ce qui le distingue vraiment du tikka masala ?

Le murgh makhani, poulet au beurre en hindi et le tikka masala se ressemblent, mais deux logiques opposées les séparent : la cuisson du poulet, le timing du beurre, une herbe séchée qui change tout une fois qu’on sait où la trouver. Décryptage d’un savoir-faire qui transforme des ingrédients modestes en sauce d’une précision redoutable.

(Mis à jour le 31 mars 2026) ⏱️ Lecture 9 minutes

La texture du poulet au beurre : veloutée, sans aspérité

Commençons par le commencement : la texture. Le murgh makhani, son nom hindi, impose une sauce veloutée, homogène, presque aérienne. Pas un morceau d’oignon visible, pas une aspérité sous la cuillère. Cette perfection naît d’un mixage méticuleux des tomates, broyées jusqu’à l’effacement complet de leur structure fibreuse. Certains chefs vont jusqu’à passer la préparation au tamis fin, ce chinois qui retient la moindre parcelle récalcitrante.

Le tikka masala, lui, assume une certaine rusticité. Les morceaux d’oignon persistent dans la sauce, structurent même sa texture granuleuse. Là où le poulet au beurre recherche l’uniformité soyeuse, son cousin britannique cultive une épaisseur plus marquée. Cette différence n’est pas qu’esthétique : elle engage deux philosophies de la construction culinaire.

Poulet au beurre et tikka masala : deux séquences de cuisson opposées

Car c’est bien de construction qu’il s’agit. Le poulet au beurre repose sur une séquence immuable : le poulet tandoori se cuit d’abord, séparément, à haute température. La sauce makhani se prépare de son côté, indépendamment. Ce n’est qu’au moment du service que les deux éléments se rencontrent, la viande déjà cuite glissant dans le bain crémeux. Le tikka masala inverse la logique : ici, les morceaux de poulet marinés cuisent directement dans la sauce en préparation, permettant aux saveurs de se mêler pendant la cuisson elle-même. Deux chemins opposés pour un résultat qui, en apparence, se ressemble.

Le geste qui trahit.

Le timing du beurre dans la sauce makhani

Mais c’est dans les dernières secondes que tout se joue. Le beurre s’incorpore hors du feu, en toute fin, dans la sauce chaude mais non bouillante, en remuant doucement. Pourquoi cette précaution ? Parce qu’un beurre cuit trop longtemps se sépare, l’huile flotte en surface, la magie se rompt.

La crème fraîche obéit à la même rigueur. Elle rejoint la préparation en fin de parcours, quand la sauce a déjà développé ses arômes de tomate concentrée et d’épices grillées. Là encore, le feu s’éteint rapidement après son incorporation. Les cuisiniers amateurs l’ignorent souvent, laissant bouillir cette crème trop longtemps, obtenant une sauce qui se délite.

Le secret des restaurants : plus de gras qu’on n’ose

Ces détails techniques : timing d’ajout du beurre, température d’incorporation de la crème, séparent radicalement la version familiale de celle servie dans les restaurants. Sur les forums culinaires, une vérité circule avec insistance : « Le secret des établissements tient en trois mots : davantage de sucre, de gras et de sel que vous n’oseriez jamais en mettre chez vous. » Aveu gênant mais lucide. La sauce des restaurants professionnels emploie parfois le double de beurre et de crème que la recette traditionnelle, créant cette richesse enrobante, presque narcotique. Ce savoir-faire spécifique attire les amateurs : preuve que la maîtrise des détails compte autant que le récit qu’on tisse autour d’un plat, puisque même la paternité de la recette, revendiquée par différents établissements, est aujourd’hui débattue en justice, comme le rapporte le New York Times.

Kasuri methi : l’épice signature du murgh makhani

Le fenugrec, signature olfactive

Pourtant, le véritable marqueur d’identité ne réside ni dans le beurre ni dans la crème. Il se cache dans une herbe séchée au nom improbable : le kasuri methi, feuilles de fenugrec déshydratées. Son goût herbacé, légèrement amer, traverse la richesse crémeuse comme une note d’éveil au milieu d’une symphonie onctueuse. Sans lui, le poulet au beurre devient une simple sauce tomate enrichie, aimable mais anonyme. Avec lui, l’équilibre se rétablit : la douceur rencontre l’amertume, le gras trouve son contrepoint végétal.

Le tikka masala ignore généralement cette finesse. Il privilégie le cumin terreux, la coriandre citronnée, le piment plus affirmé. Là où le murgh makhani murmure, le tikka masala parle plus fort. Question de tempérament, peut-être. Question d’origine géographique, certainement : l’un naît à Delhi au lendemain de la Partition, fruit d’une nécessité pragmatique, réutiliser les restes de poulet tandoori, l’autre émerge probablement dans la diaspora indienne installée au Royaume-Uni, adaptation destinée à séduire des palais britanniques peu familiers des épices complexes.

Les adaptations du poulet au beurre : tofu, paneer, lait de coco

Au-delà de la tradition

Cette distinction posée, une autre question se profile : pourquoi tant d’énergie consacrée à départager deux plats finalement cousins ? Parce que savoir si les oignons se voient ou disparaissent, si le poulet cuit dedans ou dehors, si le beurre s’ajoute pendant ou après, c’est comprendre ce que le cuisinier cherche à dire. Le poulet au beurre cultive l’élégance discrète, la douceur accessible, ce profil « kid-friendly » qui en fait la porte d’entrée universelle vers la cuisine indienne. Le tikka masala assume une personnalité plus marquée, audacieuse, presque provocatrice dans son acidité tomatée.

Les adaptations contemporaines exploitent d’ailleurs cette plasticité remarquable. La sauce makhani accueille le tofu ferme, le chou-fleur rôti, le paneer : ce fromage indien qui, historiquement, précède même la version au poulet dans les foyers végétariens du Pendjab. Le lait de coco remplace la crème, la margarine végétale supplée le beurre. Ces substitutions ne trahissent pas la recette ; elles rappellent que le cœur du plat réside dans la sauce, ses épices, son équilibre. La protéine n’est qu’un véhicule.

Les fondations du savoir-faire

Reste cette évidence têtue : maîtriser le poulet au beurre exige de la patience, de la précision, une attention aux petits gestes qui font basculer une préparation honnête vers l’excellence. Mixer finement, ajouter le beurre hors du feu, doubler le kasuri methi comme le suggère le chef Saransh Goila1, éviter de laisser bouillir la crème. Ce ne sont pas des caprices de puriste. Ce sont les fondations d’un savoir-faire qui transforme des ingrédients modestes : tomates, beurre, épices, en réconfort universel.

Entre le poulet au beurre et le tikka masala, il n’y a finalement ni supériorité ni hiérarchie. Juste deux manières d’aborder la générosité crémeuse, l’une par l’effacement, l’autre par l’affirmation. Deux chemins pour un même horizon : celui d’une sauce qui enveloppe, réchauffe, console. À condition de respecter le geste juste.

RECETTE DE POULET AU BEURRE

recette de poulet su beurre

Cette préparation classique illustre le véritable savoir-faire des cuisiniers indiens. Ce plat emblématique réutilise des morceaux de poulet tandoori en les enrobant dans une sauce crémeuse au beurre et à la tomate, sublimée par une généreuse quantité de coriandre fraîche.

POUR 8 PERSONNES  •  PRÉPARATION 20 MIN •  CUISSON 35 MIN •  

INGRÉDIENTS

  • 680 g (1½ lb) de poulet tandoori cuit (8 cuisses et poitrines, ou 2 poulets tandoori entiers de 1 à 1,2 kg/2 à 2½ lb chacun)

POUR LA SAUCE

  • 710 ml (3 tasses) de tomates en conserve en purée, ou 950 ml (4 tasses) de tomates fraîches mûres hachées
  • 375 ml (1½ tasse) de crème épaisse 35%
  • 4 piments verts frais, épépinés
  • 30 ml (2 c. à soupe) de gingembre frais haché
  • 150 g (10 c. à soupe ou ⅔ tasse) de beurre doux
  • 8 g (4 c. à thé) de cumin moulu
  • 7 g (1 c. à soupe) de paprika
  • 10 g (2 c. à thé) de sel casher
  • 6 g (2 c. à thé) de garam masala
  • 6 g (2 c. à thé) de graines de cumin grillées moulues (facultatif)
  • 60 ml (¼ tasse) de feuilles de coriandre fraîche hachées finement

PRÉPARATION

  1. Diviser les morceaux de poulet en deux parts égales pour obtenir 16 morceaux. Cette taille permet une meilleure répartition de la sauce et facilite le service.
  2. Déposer les tomates, les piments rouges et le gingembre dans le bol d’un mélangeur électrique ou d’un robot culinaire. Mixer jusqu’à obtenir une purée parfaitement lisse et homogène.
  3. Faire fondre 120 g (8 c. à soupe ou ½ tasse) de beurre dans une grande poêle à fond épais, de préférence antiadhésive, à feu moyen. Lorsque le beurre commence à mousser, incliner la poêle dans toutes les directions pour enrober le fond. Dès que la mousse commence à retomber, ajouter quelques morceaux de poulet. Les faire dorer jusqu’à ce qu’ils soient bien colorés sur toute leur surface, environ 2 à 3 minutes par fournée. Retirer à l’aide d’une écumoire et déposer dans un bol réservé. Poursuivre avec le reste des morceaux jusqu’à ce que tout le poulet soit doré.
  4. Incorporer le cumin et le paprika dans le beurre restant de la poêle. Remuer rapidement pendant 10 à 15 secondes. Verser la purée de tomates et laisser cuire à découvert jusqu’à ce que la sauce épaississe, environ 5 à 8 minutes, en remuant constamment pour éviter qu’elle n’attache ou ne brûle.
  5. Ajouter le sel, la crème et les morceaux de poulet avec leur jus accumulé dans le bol. Enrober délicatement chaque morceau de sauce en prenant soin de ne pas briser les pièces fragiles. Réduire le feu à moyen-doux et laisser mijoter à découvert jusqu’à ce que le gras commence à se séparer de la sauce et qu’un mince voile brillant apparaisse en surface, environ 10 minutes. Vérifier et remuer souvent, mais se limiter à un ou deux mouvements à la fois pour que la sauce ne brûle pas. Incorporer les 30 g (2 c. à soupe) de beurre restants, le garam masala et les graines de cumin grillées si utilisées. Retirer du feu et laisser reposer le plat à couvert pendant 30 minutes avant le service.

POUR ACCOMPAGNER LE POULET AU BEURRE

Naan : Le pain indien par excellence, servi chaud et légèrement beurré. Sa texture moelleuse et son goût neutre en font le véhicule idéal pour saucer.

Raita : Cette salade de concombre au yaourt constitue le contrepoint indispensable. Sa fraîcheur mentholée (menthe, cumin) neutralise la richesse de la sauce et repose le palais.

Condiments : Le chutney de coriandre-menthe apporte une note herbacée vive, tandis que le chutney de mangue joue sur le sucré-épicé.

Légumes : Un aloo gobi (pommes de terre et chou-fleur épicés) ou un saag (épinards) offrent une dimension végétale bienvenue.


🍷 ACCORDS METS-VINS

Rosé : un rosé de Provence structuré, aux arômes de fruits rouges et d’agrumes, crée une alliance dynamique. Son acidité franche réveille les papilles tandis que ses notes fruitées rehaussent les touches fumées du tandoori.

Rouge : privilégier la légèreté : un pinot noir peu tannique ou un beaujolais-villages apportent une vivacité fruitée qui respecte la délicatesse du plat.

La clé : privilégier des vins blancs aromatiques ou des rosés à la structure affirmée, capables de résister à la complexité du plat tout en restant rafraîchissants. L’acidité demeure l’alliée essentielle pour contrebalancer la richesse crémeuse.


  1. Saransh Goila est un chef cuisinier, auteur et personnalité de la télévision indienne. Connu pour sa célèbre version du poulet au beurre, il privilégie la tomate sur les produits laitiers avec 50% moins de crème et beurre. ↩︎
poulet au beurre (murgh makhani)
Une sauce veloutée au beurre et à la tomate, sublimée par le kasuri methi. La recette classique du murgh makhani, avec la technique qui fait la différence.

Pour le poulet

  • 680 g 1½ lb de poulet tandoori cuit (8 cuisses et poitrines 2 poulets tandoori entiers de 1 à 1,2 kg (2 à 2½ lb chacun)

Pour la sauce

  • 710 ml 3 tasses de tomates en conserve en purée ou 950 ml (4 tasses) de tomates fraîches mûres hachées
  • 4 piments rouges frais, épépinés
  • 30 ml 2 c. à soupe de gingembre frais haché
  • 150 g (10 c. à soupe ou ⅔ tasse de beurre doux
  • 8 g 4 c. à thé de cumin moulu
  • 7 g 1 c. à soupe de paprika
  • 6 g 2 c. à thé 6 g (2 c. à thé)
  • 6 g 2 c. à thé de graines de cumin grillées moulues (facultatif)
  • 60 ml ¼ tasse de feuilles de coriandre fraîche hachées finement
  • 375 ml 1½ tasse de crème épaisse 35%
  • 10 g 2 c. à thé de sel casher
  • 1. Diviser les morceaux de poulet en deux parts égales pour obtenir 16 morceaux. Cette taille permet une meilleure répartition de la sauce et facilite le service.
  • 2. Déposer les tomates, les piments rouges et le gingembre dans le bol d'un mélangeur électrique ou d'un robot culinaire. Mixer jusqu'à obtenir une purée parfaitement lisse et homogène.
  • 3. Faire fondre 120 g (8 c. à soupe ou ½ tasse) de beurre dans une grande poêle à fond épais, de préférence antiadhésive, à feu moyen. Lorsque le beurre commence à mousser, incliner la poêle dans toutes les directions pour enrober le fond. Dès que la mousse commence à retomber, ajouter quelques morceaux de poulet. Les faire dorer jusqu'à ce qu'ils soient bien colorés sur toute leur surface, environ 2 à 3 minutes par fournée. Retirer à l'aide d'une écumoire et déposer dans un bol réservé. Poursuivre avec le reste des morceaux jusqu'à ce que tout le poulet soit doré.
  • 4. Incorporer le cumin et le paprika dans le beurre restant de la poêle. Remuer rapidement pendant 10 à 15 secondes. Verser la purée de tomates et laisser cuire à découvert jusqu'à ce que la sauce épaississe, environ 5 à 8 minutes, en remuant constamment pour éviter qu'elle n'attache ou ne brûle.
  • 5. Ajouter le sel, la crème et les morceaux de poulet avec leur jus accumulé dans le bol. Enrober délicatement chaque morceau de sauce en prenant soin de ne pas briser les pièces fragiles. Réduire le feu à moyen-doux et laisser mijoter à découvert jusqu'à ce que le gras commence à se séparer de la sauce et qu'un mince voile brillant apparaisse en surface, environ 10 minutes. Vérifier et remuer souvent, mais se limiter à un ou deux mouvements à la fois pour que la sauce ne brûle pas. Incorporer les 30 g (2 c. à soupe) de beurre restants, le garam masala et les graines de cumin grillées si utilisées. Retirer du feu et laisser reposer le plat à couvert pendant 30 minutes avant le service.
  • 6. Réchauffer délicatement le plat à feu doux jusqu'à ce qu'il soit bien chaud. Vérifier l'assaisonnement en sel, puis incorporer délicatement la coriandre fraîche hachée.
recette de poulet su beurre
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Poulet tandoori

Poulet tandoori. Quels secrets se cachent derrière le rouge vif de ce plat mythique ?

Pourquoi ce classique flamboyant fascine-t-il autant ?

La réussite du poulet tandoori repose sur trois piliers : une double marinade qui attendrit et parfume en profondeur, des épices dosées avec précision, et une cuisson haute température qui caramélise sans assécher. Entre le four en argile traditionnel et nos cuisines modernes, l’authentique tandoori est plus accessible qu’il n’y paraît. Comme le rappelle The Indian Express, ce plat emblématique est aujourd’hui considéré comme l’un des meilleurs plats de poulet grillé au monde. 

Entre la nuance orangée et le rouge flamboyant

La célèbre teinte du poulet à l’indienne intrigue. Si cette couleur éclatante est devenue la signature visuelle du plat dans de nombreux restaurants, les épices traditionnelles comme le paprika kashmiri, le curcuma ou le piment doux offrent avant tout une nuance orangée, chaleureuse et authentique. Ce rouge éclatant résulte souvent de colorants alimentaires ou parfois de poudre de betterave pour une alternative naturelle. La véritable essence du poulet tandoori réside bien dans la saveur et l’harmonie épicée, plutôt que dans la couleur.

L’alchimie des épices, chaque note en équilibre

Au cœur de la réussite, le mélange tandoori masala requiert justesse et mesure. Pour 1 tasse de marinade :
– 2 cuillères à café de cumin moulu (rondeur toastée)
– 2 cuillères à café de coriandre moulue (fraîcheur citronnée)
– 1 cuillère à café de paprika kashmiri (douceur, teinte naturelle)
– ½ cuillère à café de curcuma (note terreuse et dorée)
À ces fondements s’ajoutent ail, gingembre et une pointe de garam masala pour un parfum authentique et enveloppant. Chacune de ces épices a son rôle : le cumin structure, la coriandre rafraîchit, le paprika adoucit et colore, le curcuma nuance la profondeur.

Technique des incisions

La vraie spécialité du tandoori réside dans la préparation de la viande. Privilégiez les cuisses avec os : elles assurent une jutosité incomparable, même exposées à de très hautes températures. De fines incisions — d’environ 3 cm de profondeur, orientées à différents angles — sont pratiquées sur chaque morceau. Cette opération, à la fois esthétique et fonctionnelle, permet à 70 % de la chair d’être directement exposée à la marinade.

La double marinade : le geste qui change tout

Phase sèche (30 min) Tout commence par une première étape sobre et méthodique : enrober le poulet d’un mélange d’épices sèches (cumin, coriandre, paprika, curcuma, sel, poivre) et de quelques gouttes de jus de citron, puis laisser reposer une trentaine de minutes. Ce « pré-marinage » sèche délicatement la surface, concentrant ainsi les futurs arômes et créant une base gustative affirmée.
Phase lactique (12-24 h) Vient ensuite la deuxième étape, capitale pour le fondant et le relief aromatique : l’enrobage dans un yaourt nature additionné de tandoori masala, d’ail, de gingembre et d’un filet d’huile de moutarde. Ce bain lacté doit durer entre 12 et 24 heures. Grâce à ses enzymes, le yaourt attendrit la chair, porte les épices au cœur des fibres, et participe à la future caramélisation en surface lors de la cuisson. Plus la marinade prend le temps, plus la magie opère.

Les modes de cuisson

Four domestique « mode tandoor » : l’art de la croûte parfaite

Utiliser son four traditionnel permet aujourd’hui de s’approcher d’une authenticité remarquable. L’astuce ? Préchauffer à 240 °C en y glissant une pierre réfractaire ou une plaque très épaisse, la chaleur accumulée permet de saisir le poulet dès son entrée au four. Disposez les morceaux directement sur la grille, peau vers le haut : laissez cuire une vingtaine de minutes. Pour la touche finale, activez la fonction gril durant 3 minutes : la croûte se colore et caramélise, préservant toute la jutosité interne. Résultat : une texture proche de la cuisson originelle du poulet tandoori, même sans tandoor.

Barbecue haute performance : puissance et saveur de feu

Un barbecue moderne, particulièrement avec couvercle fermé, offre ici une alternative très convaincante. Portez la température à 450-500 °F (230-260 °C). L’organisation des braises ou des brûleurs doit permettre d’alterner cuisson directe (marquage rapide) et chaleur indirecte (cuisson maîtrisée). Déposez les morceaux sur la grille la plus chaude, saisissez, puis poursuivez sur la zone moins vive. Retournez chaque pièce pour une cuisson homogène selon l’épaisseur, 7 à 8 minutes par face suffisent souvent. On obtient alors une peau délicatement croustillante et l’avantage d’une subtile note fumée.

Air fryer révolutionnaire : rapidité et moelleux inattendu

La friteuse à air chaud s’avère une solution surprenante pour le tandoori moderne. Préchauffez à 200 °C, disposez une seule couche de morceaux marinés, en veillant à ne pas tasser la cuve. Laissez cuire 15 à 18 minutes, en retournant à mi-parcours pour une couleur uniforme et un laqué naturel. La convection rapide saisit, dore sans excès de matière grasse et respecte la tendreté. Résultat : une peau bien colorée et une chair moelleuse, proche de la version traditionnelle.

Astuce fumage maison : le parfum du rai poulet tandoori

Capter le parfum signature du tandoori reste un défi hors du four en argile. Voici l’astuce plébiscitée par les chefs : dans un plat résistant à la chaleur, déposez un petit morceau de charbon ardent, versez-y une cuillère d’huile neutre (ou un soupçon de ghee). Placez rapidement le plat fumant sous une cloche ou couvercle hermétique, puis laissez « infuser » les morceaux de poulet déjà cuits durant 2 minutes. L’arôme boisé, subtil et persistant, se dépose alors sur la volaille comme un clin d’œil irrésistible aux tables indiennes.

RECETTE DE POULET TANDOORI

POUR 4-6 PERSONNES  •  PRÉPARATION 25 min + marinade (12 à 24 h) •  CUISSON 25 à 30 min + 2 à 3 min sous le gril •  

INGRÉDIENTS

• 1 kg (2,2 lb) de cuisses de poulet avec os (8 à 10 morceaux)
• 30 ml (2 c. à soupe) de jus de citron frais
• 10 ml (2 c. à thé) de sel fin
• Poivre noir du moulin
• 250 g (1 tasse) de yaourt nature épais
• 45 ml (3 c. à soupe) d’huile neutre (tournesol, arachide )
• 10 ml (2 c. à thé) de chacun : ail frais râpé, gingembre frais râpé, cumin moulu, coriandre moulue
• 5 ml (1 c. à thé) de paprika kashmiri (ou paprika doux)
• 2,5 ml (½ c. à thé) de curcuma
• 5 ml (1 c. à thé) de garam masala
• 15 ml (1 c. à soupe) de beurre clarifié (ou huile neutre)
(Optionnel) 5 ml (1 c. à thé) de poudre de betterave pour une teinte plus vive

PRÉPARATION

  1. Préparer le poulet : parer les cuisses en retirant l’excès de gras tout en conservant la peau. Pratiquer deux à trois incisions profondes de 3 cm sur chaque morceau : ces fentes favoriseront l’imprégnation des épices jusque dans la chair.
  2. Première marinade citronnée : dans un grand bol, mélanger le jus de citron, 5 ml (1 c. à thé) de sel et un peu de poivre noir. Enrober chaque morceau en insistant bien sur les entailles. Laisser reposer 30 minutes à température ambiante. Cette étape amorce la tendreté et la pénétration des saveurs.
  3. Deuxième marinade au yaourt et aux épices : mélanger dans un bol le yaourt, l’huile, l’ail, le gingembre, le cumin, la coriandre, le paprika, le curcuma, le garam masala et le reste de sel. Ajouter la poudre de betterave si désiré. Masser le poulet déjà mariné dans cette seconde préparation pour bien enduire chaque recoin. Couvrir et laisser mariner 12 à 24 heures au réfrigérateur. En version express, compter au minimum 3 heures, sachant qu’une nuit complète donnera une chair plus moelleuse.
  4. Cuisson au four : préchauffer le four à 240 °C (465 °F) pendant 15 minutes, idéalement avec une plaque ou une pierre réfractaire déjà chaude. Égoutter légèrement les cuisses pour retirer l’excédent de marinade, puis les disposer sur une grille, lèchefrite dessous. Cuire 15 minutes côté peau, puis retourner pour 10 autres minutes côté chair. Terminer sous le gril 2 à 3 minutes, jusqu’à ce que la surface se dore et caramélise. À l’aide d’un thermomètre, vérifier une température à cœur de 74 à 80 °C (165 à 175 °F).
  5. Finition et repos : à la sortie du four, badigeonner sans attendre de beurre clarifié pour fixer la brillance et la saveur. Couvrir et laisser reposer 5 minutes : cette courte attente stabilise les sucs pour une chair tendre. Pour intensifier la couleur, on peut laquer les morceaux d’un reste de marinade et les repasser 2 minutes sous le gril.

Variante barbecue ou air fryer

Sous couvercle fermé, cuire sur barbecue à 230-250 °C (450-480 °F), environ 7 à 8 minutes par face. À l’air fryer, prévoir 200 °C (400 °F) pour 15 à 18 minutes, en retournant à mi-cuisson.

ACCOMPAGNEMENTS

Trois piliers s’imposent.

Naan à la semoule : Ce pain plat moelleux et légèrement croustillant, cuit à haute température, épouse à la perfection le tandoori ; il capte la sauce, tempère la force des épices et invite à la convivialité du partage.
Riz basmati safrané : Grains longs infusés au safran, ils apportent un parfum floral subtil et une note sucrée qui équilibre le piquant des épices. Le mariage du blanc nacré et du jaune safrané évoque, dès le regard, la fête et la tradition.
Raïta concombre-menthe fraîche : Ce yaourt aromatisé rafraîchit agréablement le palais après chaque bouchée. La menthe et le concombre apportent un contrepoint délicat à la puissance aromatique du plat principal.

🍷 ACCORDS VINS

BLANC

Un Gewurztraminer sec d’Alsace s’impose par son nez expressif, ses arômes de fruits exotiques et sa bouche ample, capable de répondre à la complexité aromatique sans jamais s’effacer.

ROSÉ

Un Côtes-de-Provence rosé, vif et structuré, avec ses notes de fruits rouges et d’agrumes, assure une alliance dynamique : le vin prolonge la fraîcheur de la raïta tout en rehaussant les touches fumées du tandoori.

LA CLÉ :

Privilégier des vins blancs aromatiques ou des rosés à la structure affirmée, qui résistent à la force du plat tout en restant rafraîchissants.

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Potage citrouille au cari rouge

Au crépuscule, pendant que les sorcières ricanent, certains seront doublement masqués.

Une journée de cuisine orangée; potage au cari, cubes de citrouille épicées et graines rôties.


Pour un effet magique, déposer un nuage de barbe à papa sur le potage au cari au moment du service. Il va se dissoudre instantanément.

Cubes de citrouille au four

Disposer des cubes en final sur le potage de citrouille au cari. Placer des cubes de citrouille de 5 cm sur une plaque. Les arroser d’un filet d’huile d’olive, de jus de citron vert et d’une pincée de mélange de cari rouge. Saler, poivrer. Cuire au four à 200 °C (400° F), jusqu’à ce que la pointe d’un couteau pénètre facilement les cubes.

Graines de citrouille rôties

Les séparer d’un maximum de chair, sans les trier, ni les rincer. Les placer sur une plaque au four à 200 °C (400° F) avec un peu de sel et d’huile d’olive, 10 minutes environ ou jusqu’à ce qu’elles soient croustillantes. Les mélanger une fois ou deux durant la cuisson.


POTAGE CITROUILLE AU CARI ROUGE

POUR 4 -6 PERSONNES  •  PRÉPARATION 15 MIN •  CUISSON 30 MIN


INGRÉDIENTS

  • 30 ml (2 c. à soupe) d’huile d’olive
  • 1 oignon, finement haché
  • 2 gousses d’ail, hachées
  • 2 pommes coupées en morceaux sans la peau
  • 4 tasses de bouillon de poulet
  • 750 ml (3 tasses) de citrouille en cubes
  • 15ml (1 c. à soupe) de cari rouge
  • 60 ml (1/4 de tasse) de crème 15 %
  • 1 poignée de graines de citrouille grillées
  • Sel et poivre

ÉTAPES

  1. Dans une poêle, attendrir l’oignon et l’ail dans l’huile.
  2. Ajouter les pommes et la citrouille.
  3. Poursuivre la cuisson 5 minutes.
  4. Ajouter le bouillon et les épices.
  5. Couvrir et laisser mijoter 20 minutes ou jusqu’à ce que la courge soit tendre. 
  6. Au mélangeur, réduire en purée lisse.
  7. Saler et poivrer.
  8. Au moment de servir, garnir d’un filet de crème ou d’huile d’olive et de graines de citrouille grillées.
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Soupe «Dahl»

La soupe «dahl» aux lentilles rouges, la plus célèbre des soupes indiennes.

La soupe aux lentilles rouges est en effet parmi les soupes les plus cuisinées au monde. Un maximum de saveur dans un minimum de temps, à servir avec du pain naan.


soupe de lentilles rouges

SOUPE DE LENTILLES ROUGES

POUR 4 PERSONNES  •  PRÉPARATION 15 MIN •  CUISSON 30 MIN

Les lentilles rouges, aussi appelées lentilles corail ont l’avantage de cuire rapidement. Elles peuvent aussi chaudes dans un cari ou froides en salade. Ajouter un bâton de cannelle dans l’eau de cuisson pour les parfumer.


INGRÉDIENTS

  • 1 oignon, haché finement
  • 30 ml (2 c. à soupe) d’huile olive
  • 3 gousses d’ail pressées
  • 1 litre (4 tasses) d’eau ou moitié eau, moitié bouillon 
  • 375 ml (1 ½ tasse) de lentilles rouges
  • 15 ml ( 1 c. à soupe) de cari jaune*
  • 1 à 2 pincées de sel

ÉTAPES

  1. Dans une casserole, dorer l’oignon dans l’huile pendant 5 minutes.
  2. Ajouter l’ail, le cari jaune, le sel, l’eau, les lentilles
  3. Porter à ébullition.
  4. Laisser mijoter doucement, à découvert environ 30 minutes. en remuant fréquemment.

L‘ancienne bibliothèque de Westminster, à Londres, construite en 1893, s’est transformé , en 2003, en chic restaurant de cuisine indienne contemporaine. Au cœur de Westminster, le Cinnamon Club; menu dégustation, plats festifs, cocktails signature, collection de gins exceptionnels, issus de petits producteurs.

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Crevettes au cari blanc

Le cari blanc fait profil bas face aux autres caris, plus spectaculaires. Cette recette de crevettes au cari lui donne toute la place qui lui revient.


Crevettes subtilement épicées

Contrairement au cari rouge, vert ou jaune, le cari blanc surprend, en effet il n’ajoute aucune couleur au plat. Il ne faut toutefois pas se fier aux apparences. On peut faire dorer les épices doucement dans l’huile ou les ajouter en cours de cuisson. Cependant, les ajouter préalablement dans l’huile libère davantage leurs arômes.

Accord: Macon, Pouilly -Fuissé. Des arômes floraux. Une robe cristalline aux reflets d’or pâle. Quelques suggestions: Albert Bichot Pouilly-Fuissé Bouchard Père & Fils Pouilly-Fuissé 2017 Château Fuissé Bourgogne Blanc 2017 Jean-Claude Boisset Pouilly-Fuissé


RECETTE DE CREVETTES AU CARI BLANC

POUR 4 PERSONNES  •  PRÉPARATION 15 MIN •  CUISSON 5 MIN


INGRÉDIENTS

  • 12 grosses crevettes décortiquées
  • 4 gousses d’ail pilées
  • 5 cm (1 ½ po.) de gingembre épluché et coupé en fins bâtonnets
  • 1 c. à soupe (15 ml) de cari blanc
  • 1 c. à soupe (15 ml) d’huile d’olive
  • 1 c. à soupe (15 ml) de beurre
  • 65 ml (1/4 tasse) d’huile d’olive 
  • 3 échalotes finement émincé
  • 1 bouquet de coriandre fraîche ciselée

ÉTAPES

  1. Réchauffer le four à 200°C (400°F). 
  2. Mettre les crevettes dans un plat de cuisson, les arroser d’un filet d’huile d’olive et les faire cuire au four 5 minutes.
  3. Faire chauffer l’huile dans une petite poêle à feu doux. Ajouter le cari, l’ail, le gingembre, les échalotes et le piment rouge.
  4. Faire revenir pendant 20 à 30 secondes. 
  5. Fermer le feu, ajouter les crevettes et mélanger le tout.
  6. Garnir de coriandre avant de servir.