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Poulet tandoori

poulet tandoori en. avion

Le poulet tandoori séduit jusque dans les airs : Jacqueline Kennedy le découvre en 1962 sur un vol Rome-Bombay. Trois piliers fondent sa réussite : double marinade, épices dosées avec justesse, cuisson vive. Le secret tient au geste, pas au matériel. Le quotidien indien, The Indian Express le classe parmi les meilleurs poulets grillés au monde.

⏱️ Lecture 9 minutes

Le poulet tandoori traîne derrière lui une légende disputée. Né à Peshawar selon la légende, le plat conquiert Delhi dans les cuisines du Moti Mahal, au lendemain de la Partition. Nehru en fait vite un habitué des banquets officiels. Nixon, Khrouchtchev et le Shah d’Iran y goûtent tour à tour. L’anecdote du vol Rome-Bombay fait le tour de la presse américaine. Aujourd’hui encore, deux restaurants de Delhi se disputent l’héritage du Moti Mahal devant les tribunaux. L’objet du litige ? Un autre monument né des mêmes fourneaux : le poulet au beurre. La star flamboyante des grillades indiennes, elle, n’a rien perdu de son pouvoir de fascination.

La célèbre teinte du poulet à l’indienne intrigue. Le rouge éclatant s’impose comme signature visuelle dans de nombreux restaurants. Pourtant, le paprika kashmiri, le curcuma et le piment doux donnent d’abord une nuance orangée, chaleureuse et authentique. Le rouge vif provient souvent de colorants alimentaires, la poudre de betterave offrant une alternative naturelle. La véritable essence du poulet tandoori réside dans l’harmonie épicée, pas dans la couleur.

Au cœur de la réussite, le mélange tandoori masala exige justesse et mesure. Le cumin moulu et la coriandre moulue dominent à parts égales : le premier pose la rondeur toastée, la seconde répond par sa fraîcheur citronnée. Le paprika kashmiri, plus discret, adoucit et colore naturellement. Une pointe de curcuma signe la note terreuse et dorée. L’ail, le gingembre et un soupçon de garam masala complètent l’édifice. Les dosages exacts figurent dans la recette.

La préparation de la viande fait toute la différence : les cuisses avec os garantissent une jutosité incomparable, même à très haute température. Sur chaque morceau, de fines incisions de 3 cm, orientées à différents angles, ouvrent la chair. Le geste, esthétique et fonctionnel, expose une large part de la viande à la marinade.

Phase sèche (30 minutes). Tout commence par une étape sobre et méthodique. Le poulet s’enrobe d’épices sèches : cumin, coriandre, paprika, curcuma, sel, poivre. Quelques gouttes de jus de citron complètent le mélange. Trente minutes de repos suffisent : ce prémarinage assèche délicatement la surface et concentre les futurs arômes.

Phase lactique (12 à 24 heures). Vient ensuite l’étape capitale pour le fondant et le relief aromatique. Un yaourt nature reçoit le tandoori masala, l’ail, le gingembre et un filet d’huile de moutarde. Ce bain lacté dure de 12 à 24 heures. Les enzymes du yaourt attendrissent la chair, portent les épices au cœur des fibres et préparent la caramélisation en surface. Plus la marinade s’étire, plus la magie opère.

Le four traditionnel s’approche aujourd’hui d’une authenticité remarquable. L’astuce ? Un préchauffage à 240 °C (465 °F) avec une pierre réfractaire ou une plaque très épaisse. La chaleur accumulée saisit le poulet dès son entrée au four. Les morceaux se posent directement sur la grille, peau vers le haut. Une vingtaine de minutes suffit, puis trois minutes sous le gril colorent et caramélisent la croûte. La jutosité interne reste préservée et le résultat se rapproche de la cuisson originelle, même sans tandoor.

Un barbecue moderne à couvercle fermé offre au poulet tandoori une alternative très convaincante. La température grimpe à 230-260 °C (450-500 °F), avec des braises ou des brûleurs organisés en deux zones. La cuisson directe assure le marquage rapide, la chaleur indirecte la maîtrise. Les morceaux se saisissent sur la grille la plus chaude, puis migrent vers la zone douce. Sept à huit minutes par face suffisent souvent. La peau devient délicatement croustillante, avec une subtile note fumée en prime.

La friteuse à air chaud s’avère une solution étonnante pour le tandoori moderne. Préchauffée à 200 °C (400 °F), elle accueille une seule couche de cuisses de poulet avec os, bien marinées, sans tasser la cuve. Vingt à vingt-cinq minutes suffisent, avec un retournement à mi-parcours. La cuisson s’achève sur une surface bien colorée et une température à cœur de 74 °C (165 °F), mesurée près de l’os. La durée fluctue selon la taille des cuisses et le modèle de l’appareil. La convection rapide saisit et dore sans excès de matière grasse : la peau croustille, la chair reste moelleuse.

Capter le parfum signature reste un défi hors du four en argile. Les chefs plébiscitent une astuce simple : dans un plat résistant à la chaleur, un morceau de charbon ardent reçoit une cuillère d’huile neutre. Un soupçon de ghee fonctionne aussi. Le plat fumant se glisse sous une cloche hermétique avec les morceaux déjà cuits. Deux minutes d’infusion suffisent pour que l’arôme boisé, subtil et persistant, se dépose sur la volaille. Un clin d’œil irrésistible aux tables indiennes.

cuisse de poulet tandoori dans une assiette blanche

POUR 4-6 PERSONNES  •  PRÉPARATION 25 min + marinade (12 à 24 h) •  CUISSON 25 à 30 min + 2 à 3 min sous le gril •  

INGRÉDIENTS

• 1 kg (2,2 lb) de cuisses de poulet avec os (8 à 10 morceaux)
• 30 ml (2 c. à soupe) de jus de citron frais
• 10 ml (2 c. à thé) de sel fin
• Poivre noir du moulin
• 250 g (1 tasse) de yaourt nature épais
• 45 ml (3 c. à soupe) d’huile neutre (tournesol, arachide )
• 10 ml (2 c. à thé) de chacun : ail frais râpé, gingembre frais râpé, cumin moulu, coriandre moulue
• 5 ml (1 c. à thé) de paprika kashmiri (ou paprika doux)
• 2,5 ml (½ c. à thé) de curcuma
• 5 ml (1 c. à thé) de garam masala
• 15 ml (1 c. à soupe) de beurre clarifié (ou huile neutre)
(Optionnel) 5 ml (1 c. à thé) de poudre de betterave pour une teinte plus vive

PRÉPARATION

  1. Préparer le poulet : parer les cuisses en retirant l’excès de gras, en conservant la peau. Pratiquer deux à trois incisions profondes de 3 cm sur chaque morceau. Ces fentes portent les épices jusque dans la chair.

Marinade tandoori

  1. Première marinade citronnée : dans un grand bol, mélanger le jus de citron, 5 ml (1 c. à thé) de sel et du poivre noir. Enrober chaque morceau en insistant sur les entailles. Laisser reposer 30 minutes à température ambiante. Cette étape amorce la tendreté et la pénétration des saveurs.
  2. Deuxième marinade tandoori au yaourt et aux épices : mélanger dans un bol le yaourt, l’huile, l’ail et le gingembre. Ajouter le cumin, la coriandre, le paprika, le curcuma, le garam masala et le reste de sel. Incorporer la poudre de betterave si désiré. Masser le poulet déjà mariné pour enduire chaque recoin. Couvrir et laisser mariner 12 à 24 heures au réfrigérateur. En version express, compter au minimum 3 heures, mais une nuit complète donne une chair plus moelleuse.
  3. Cuisson au four : préchauffer le four à 240 °C (465 °F) pendant 15 minutes, en y plaçant idéalement une plaque ou une pierre réfractaire. Égoutter légèrement les cuisses pour retirer l’excédent de marinade. Les disposer sur une grille, lèchefrite dessous. Cuire 15 minutes côté peau, puis retourner pour 10 minutes côté chair. Terminer sous le gril 2 à 3 minutes, jusqu’à ce que la surface dore et caramélise. Vérifier au thermomètre une température à cœur de 74 à 80 °C (165 à 175 °F).
  4. Finition et repos : badigeonner sans attendre de beurre clarifié à la sortie du four pour fixer la brillance et la saveur. Couvrir et laisser reposer 5 minutes : les sucs se stabilisent pour une chair tendre. Pour intensifier la couleur, laquer d’un reste de marinade et repasser 2 minutes sous le gril.

Variante barbecue ou friteuse à air

Sous couvercle fermé, cuire sur barbecue à 230-250 °C (450-480 °F), environ 7 à 8 minutes par face. À la friteuse à air, prévoir 200 °C (400 °F) pour 20 à 25 minutes, en retournant à mi-cuisson.

ACCOMPAGNEMENTS

Trois piliers s’imposent.

Naan à la semoule : ce pain plat moelleux, cuit à haute température, épouse le tandoori à la perfection. Il capte la sauce, tempère la force des épices et invite au partage.
Riz basmati safrané : les grains longs infusés au safran apportent un parfum floral subtil, dont la note sucrée équilibre le piquant des épices. Le blanc nacré et le jaune safrané évoquent la fête dès le regard.
Raïta concombre-menthe fraîche : ce yaourt aromatisé rafraîchit le palais après chaque bouchée. La menthe et le concombre offrent un contrepoint délicat à la puissance aromatique du plat.

🍷 ACCORDS VINS

BLANC

Un Gewurztraminer sec d’Alsace s’impose. Son nez expressif et ses arômes de fruits exotiques répondent à la complexité du plat, et sa bouche ample ne s’efface jamais.

ROSÉ

Un Côtes-de-Provence vif et structuré assure une alliance dynamique. Ses notes de fruits rouges et d’agrumes prolongent la fraîcheur de la raïta et rehaussent les touches fumées du poulet tandoori.

LA CLÉ :

Privilégier des blancs aromatiques ou des rosés à la structure affirmée. Ils résistent à la force du plat et restent rafraîchissants.

Poulet tandoori
Le poulet tandoori repose sur trois piliers : double marinade, épices dosées avec justesse, cuisson vive. Du four en argile aux cuisines modernes, l'authenticité reste accessible. Le secret tient au geste, pas au matériel.
  • 1 kg 2,2 lb de cuisses de poulet avec os (8 à 10 morceaux)
  • 30 ml 2 c. à soupe de jus de citron frais
  • 10 ml 2 c. à thé de sel fin
  • Poivre noir du moulin
  • 250 g 1 tasse de yaourt nature épais
  • 45 ml 3 c. à soupe d'huile neutre (tournesol, arachide)
  • 10 ml 2 c. à thé de chacun ail frais râpé, gingembre frais râpé, cumin moulu, coriandre moulue
  • 5 ml 1 c. à thé de paprika kashmiri (ou paprika doux)
  • 2,5 ml ½ c. à thé de curcuma
  • 5 ml 1 c. à thé de garam masala
  • 15 ml 1 c. à soupe de beurre clarifié (ou huile neutre)
  • 5 ml 1 c. à thé de poudre de betterave pour une teinte plus vive Optionnel

Préparer le poulet

  • Parer les cuisses en retirant l'excès de gras, en conservant la peau. Pratiquer deux à trois incisions profondes de 3 cm sur chaque morceau. Ces fentes portent les épices jusque dans la chair.

Première marinade citronnée

  • Dans un grand bol, mélanger le jus de citron, 5 ml (1 c. à thé) de sel et du poivre noir. Enrober chaque morceau en insistant sur les entailles. Laisser reposer 30 minutes à température ambiante. Cette étape amorce la tendreté et la pénétration des saveurs.

Deuxième marinade au yaourt et aux épices

  • Mélanger dans un bol le yaourt, l'huile, l'ail et le gingembre. Ajouter le cumin, la coriandre, le paprika, le curcuma, le garam masala et le reste de sel. Incorporer la poudre de betterave si désiré. Masser le poulet déjà mariné pour enduire chaque recoin. Couvrir et laisser mariner 12 à 24 heures au réfrigérateur. En version express, compter au minimum 3 heures, mais une nuit complète donne une chair plus moelleuse.

Cuisson au four

  • Préchauffer le four à 240 °C (465 °F) pendant 15 minutes, en y plaçant idéalement une plaque ou une pierre réfractaire. Égoutter légèrement les cuisses pour retirer l'excédent de marinade. Les disposer sur une grille, lèchefrite dessous. Cuire 15 minutes côté peau, puis retourner pour 10 minutes côté chair. Terminer sous le gril 2 à 3 minutes, jusqu'à ce que la surface dore et caramélise. Vérifier au thermomètre une température à cœur de 74 à 80 °C (165 à 175 °F).

Finition et repos

  • Badigeonner sans attendre de beurre clarifié à la sortie du four pour fixer la brillance et la saveur. Couvrir et laisser reposer 5 minutes : les sucs se stabilisent pour une chair tendre. Pour intensifier la couleur, laquer d'un reste de marinade et repasser 2 minutes sous le gril.
cuisse de poulet tandoori dans une assiette blanche
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Poulet au beurre

poulet au beurre avec riz basmati et pain nan

Le poulet au beurre et le tikka masala se ressemblent, mais deux logiques opposées les séparent : la cuisson du poulet, le timing du beurre, une herbe séchée qui change tout une fois qu’on sait où la trouver. Décryptage d’un savoir-faire qui transforme des ingrédients modestes en sauce d’une précision redoutable.

(Mis à jour le 31 mars 2026) ⏱️ Lecture 9 minutes

Commençons par le commencement : la texture. Le murgh makhani, son nom hindi, impose une sauce veloutée, homogène, presque aérienne. Pas un morceau d’oignon visible, pas une aspérité sous la cuillère. Cette perfection naît d’un mixage méticuleux des tomates, broyées jusqu’à l’effacement complet de leur structure fibreuse. Certains chefs vont jusqu’à passer la préparation au tamis fin, ce chinois qui retient la moindre parcelle récalcitrante.

Le tikka masala, lui, assume une certaine rusticité. Les morceaux d’oignon persistent dans la sauce, structurent même sa texture granuleuse. Là où le poulet au beurre recherche l’uniformité soyeuse, son cousin britannique cultive une épaisseur plus marquée. Cette différence n’est pas qu’esthétique : elle engage deux philosophies de la construction culinaire.

Poulet au beurre et tikka masala : deux séquences de cuisson opposées

Car c’est bien de construction qu’il s’agit. Le poulet au beurre repose sur une séquence immuable : le poulet tandoori se cuit d’abord, séparément, à haute température. La sauce makhani se prépare de son côté, indépendamment. Ce n’est qu’au moment du service que les deux éléments se rencontrent, la viande déjà cuite glissant dans le bain crémeux. Le tikka masala inverse la logique : ici, les morceaux de poulet marinés cuisent directement dans la sauce en préparation, permettant aux saveurs de se mêler pendant la cuisson elle-même. Deux chemins opposés pour un résultat qui, en apparence, se ressemble.

Le timing de la sauce de poulet au beurre

Mais c’est dans les dernières secondes que tout se joue. Le beurre s’incorpore hors du feu, en toute fin, dans la sauce chaude mais non bouillante, en remuant doucement. Pourquoi cette précaution ? Parce qu’un beurre cuit trop longtemps se sépare, l’huile flotte en surface, la magie se rompt.

La crème fraîche obéit à la même rigueur. Elle rejoint la préparation en fin de parcours, quand la sauce a déjà développé ses arômes de tomate concentrée et d’épices grillées. Là encore, le feu s’éteint rapidement après son incorporation. Les cuisiniers amateurs l’ignorent souvent, laissant bouillir cette crème trop longtemps, obtenant une sauce qui se délite.

Le secret des restaurants : plus de gras qu’on n’ose

Ces détails techniques : timing d’ajout du beurre, température d’incorporation de la crème, séparent radicalement la version familiale de celle servie dans les restaurants. Sur les forums culinaires, une vérité circule avec insistance : « Le secret des établissements tient en trois mots : davantage de sucre, de gras et de sel que vous n’oseriez jamais en mettre chez vous. » Aveu gênant mais lucide. La sauce des restaurants professionnels emploie parfois le double de beurre et de crème que la recette traditionnelle, créant cette richesse enrobante, presque narcotique. Ce savoir-faire spécifique attire les amateurs : preuve que la maîtrise des détails compte autant que le récit qu’on tisse autour d’un plat, puisque même la paternité de la recette, revendiquée par différents établissements, est aujourd’hui débattue en justice, comme le rapporte le New York Times.

Le fenugrec, signature olfactive

Pourtant, le véritable marqueur d’identité ne réside ni dans le beurre ni dans la crème. Il se cache dans une herbe séchée au nom improbable : le kasuri methi, feuilles de fenugrec déshydratées. Son goût herbacé, légèrement amer, traverse la richesse crémeuse comme une note d’éveil au milieu d’une symphonie onctueuse. Sans lui, le poulet au beurre devient une simple sauce tomate enrichie, aimable mais anonyme. Avec lui, l’équilibre se rétablit : la douceur rencontre l’amertume, le gras trouve son contrepoint végétal.

Le tikka masala ignore généralement cette finesse. Il privilégie le cumin terreux, la coriandre citronnée, le piment plus affirmé. Là où le murgh makhani murmure, le tikka masala parle plus fort. Question de tempérament, peut-être. Question d’origine géographique, certainement : l’un naît à Delhi au lendemain de la Partition, fruit d’une nécessité pragmatique, réutiliser les restes de poulet tandoori, l’autre émerge probablement dans la diaspora indienne installée au Royaume-Uni, adaptation destinée à séduire des palais britanniques peu familiers des épices complexes.

Au-delà de la tradition

Cette distinction posée, une autre question se profile : pourquoi tant d’énergie consacrée à départager deux plats finalement cousins ? Parce que savoir si les oignons se voient ou disparaissent, si le poulet cuit dedans ou dehors, si le beurre s’ajoute pendant ou après, c’est comprendre ce que le cuisinier cherche à dire. Le poulet au beurre cultive l’élégance discrète, la douceur accessible, ce profil « kid-friendly » qui en fait la porte d’entrée universelle vers la cuisine indienne. Le tikka masala assume une personnalité plus marquée, audacieuse, presque provocatrice dans son acidité tomatée.

Les adaptations contemporaines exploitent d’ailleurs cette plasticité remarquable. La sauce makhani accueille le tofu ferme, le chou-fleur rôti, le paneer : ce fromage indien qui, historiquement, précède même la version au poulet dans les foyers végétariens du Pendjab. Le lait de coco remplace la crème, la margarine végétale supplée le beurre. Ces substitutions ne trahissent pas la recette ; elles rappellent que le cœur du plat réside dans la sauce, ses épices, son équilibre. La protéine n’est qu’un véhicule.

Reste cette évidence têtue : maîtriser le poulet au beurre exige de la patience, de la précision, une attention aux petits gestes qui font basculer une préparation honnête vers l’excellence. Mixer finement, ajouter le beurre hors du feu, doubler le kasuri methi comme le suggère le chef Saransh Goila1, éviter de laisser bouillir la crème. Ce ne sont pas des caprices de puriste. Ce sont les fondations d’un savoir-faire qui transforme des ingrédients modestes : tomates, beurre, épices, en réconfort universel.

Entre le poulet au beurre et le tikka masala, il n’y a finalement ni supériorité ni hiérarchie. Juste deux manières d’aborder la générosité crémeuse, l’une par l’effacement, l’autre par l’affirmation. Deux chemins pour un même horizon : celui d’une sauce qui enveloppe, réchauffe, console. À condition de respecter le geste juste.

RECETTE DE POULET AU BEURRE

recette de poulet su beurre

Cette préparation classique illustre le véritable savoir-faire des cuisiniers indiens. Ce plat emblématique réutilise des morceaux de poulet tandoori en les enrobant dans une sauce crémeuse au beurre et à la tomate, sublimée par une généreuse quantité de coriandre fraîche.

POUR 8 PERSONNES  •  PRÉPARATION 20 MIN •  CUISSON 35 MIN •  

INGRÉDIENTS

  • 680 g (1½ lb) de poulet tandoori cuit (8 cuisses et poitrines, ou 2 poulets tandoori entiers de 1 à 1,2 kg/2 à 2½ lb chacun)

POUR LA SAUCE

  • 710 ml (3 tasses) de tomates en conserve en purée, ou 950 ml (4 tasses) de tomates fraîches mûres hachées
  • 375 ml (1½ tasse) de crème épaisse 35%
  • 4 piments verts frais, épépinés
  • 30 ml (2 c. à soupe) de gingembre frais haché
  • 150 g (10 c. à soupe ou ⅔ tasse) de beurre doux
  • 8 g (4 c. à thé) de cumin moulu
  • 7 g (1 c. à soupe) de paprika
  • 10 g (2 c. à thé) de sel casher
  • 6 g (2 c. à thé) de garam masala
  • 6 g (2 c. à thé) de graines de cumin grillées moulues (facultatif)
  • 60 ml (¼ tasse) de feuilles de coriandre fraîche hachées finement

PRÉPARATION

  1. Diviser les morceaux de poulet en deux parts égales pour obtenir 16 morceaux. Cette taille permet une meilleure répartition de la sauce et facilite le service.
  2. Déposer les tomates, les piments rouges et le gingembre dans le bol d’un mélangeur électrique ou d’un robot culinaire. Mixer jusqu’à obtenir une purée parfaitement lisse et homogène.
  3. Faire fondre 120 g (8 c. à soupe ou ½ tasse) de beurre dans une grande poêle à fond épais, de préférence antiadhésive, à feu moyen. Lorsque le beurre commence à mousser, incliner la poêle dans toutes les directions pour enrober le fond. Dès que la mousse commence à retomber, ajouter quelques morceaux de poulet. Les faire dorer jusqu’à ce qu’ils soient bien colorés sur toute leur surface, environ 2 à 3 minutes par fournée. Retirer à l’aide d’une écumoire et déposer dans un bol réservé. Poursuivre avec le reste des morceaux jusqu’à ce que tout le poulet soit doré.
  4. Incorporer le cumin et le paprika dans le beurre restant de la poêle. Remuer rapidement pendant 10 à 15 secondes. Verser la purée de tomates et laisser cuire à découvert jusqu’à ce que la sauce épaississe, environ 5 à 8 minutes, en remuant constamment pour éviter qu’elle n’attache ou ne brûle.
  5. Ajouter le sel, la crème et les morceaux de poulet avec leur jus accumulé dans le bol. Enrober délicatement chaque morceau de sauce en prenant soin de ne pas briser les pièces fragiles. Réduire le feu à moyen-doux et laisser mijoter à découvert jusqu’à ce que le gras commence à se séparer de la sauce et qu’un mince voile brillant apparaisse en surface, environ 10 minutes. Vérifier et remuer souvent, mais se limiter à un ou deux mouvements à la fois pour que la sauce ne brûle pas. Incorporer les 30 g (2 c. à soupe) de beurre restants, le garam masala et les graines de cumin grillées si utilisées. Retirer du feu et laisser reposer le plat à couvert pendant 30 minutes avant le service.

POUR ACCOMPAGNER LE POULET AU BEURRE

Naan : Le pain indien par excellence, servi chaud et légèrement beurré. Sa texture moelleuse et son goût neutre en font le véhicule idéal pour saucer.

Raita : Cette salade de concombre au yaourt constitue le contrepoint indispensable. Sa fraîcheur mentholée (menthe, cumin) neutralise la richesse de la sauce et repose le palais.

Condiments : Le chutney de coriandre-menthe apporte une note herbacée vive, tandis que le chutney de mangue joue sur le sucré-épicé.

Légumes : Un aloo gobi (pommes de terre et chou-fleur épicés) ou un saag (épinards) offrent une dimension végétale bienvenue.


🍷 ACCORDS METS-VINS

Rosé : un rosé de Provence structuré, aux arômes de fruits rouges et d’agrumes, crée une alliance dynamique. Son acidité franche réveille les papilles tandis que ses notes fruitées rehaussent les touches fumées du tandoori.

Rouge : privilégier la légèreté : un pinot noir peu tannique ou un beaujolais-villages apportent une vivacité fruitée qui respecte la délicatesse du plat.

La clé : privilégier des vins blancs aromatiques ou des rosés à la structure affirmée, capables de résister à la complexité du plat tout en restant rafraîchissants. L’acidité demeure l’alliée essentielle pour contrebalancer la richesse crémeuse.


  1. Saransh Goila est un chef cuisinier, auteur et personnalité de la télévision indienne. Connu pour sa célèbre version du poulet au beurre, il privilégie la tomate sur les produits laitiers avec 50% moins de crème et beurre. ↩︎
poulet au beurre (murgh makhani)
Une sauce veloutée au beurre et à la tomate, sublimée par le kasuri methi. La recette classique du murgh makhani, avec la technique qui fait la différence.

Pour le poulet

  • 680 g 1½ lb de poulet tandoori cuit (8 cuisses et poitrines 2 poulets tandoori entiers de 1 à 1,2 kg (2 à 2½ lb chacun)

Pour la sauce

  • 710 ml 3 tasses de tomates en conserve en purée ou 950 ml (4 tasses) de tomates fraîches mûres hachées
  • 4 piments rouges frais, épépinés
  • 30 ml 2 c. à soupe de gingembre frais haché
  • 150 g (10 c. à soupe ou ⅔ tasse de beurre doux
  • 8 g 4 c. à thé de cumin moulu
  • 7 g 1 c. à soupe de paprika
  • 6 g 2 c. à thé 6 g (2 c. à thé)
  • 6 g 2 c. à thé de graines de cumin grillées moulues (facultatif)
  • 60 ml ¼ tasse de feuilles de coriandre fraîche hachées finement
  • 375 ml 1½ tasse de crème épaisse 35%
  • 10 g 2 c. à thé de sel casher
  • 1. Diviser les morceaux de poulet en deux parts égales pour obtenir 16 morceaux. Cette taille permet une meilleure répartition de la sauce et facilite le service.
  • 2. Déposer les tomates, les piments rouges et le gingembre dans le bol d'un mélangeur électrique ou d'un robot culinaire. Mixer jusqu'à obtenir une purée parfaitement lisse et homogène.
  • 3. Faire fondre 120 g (8 c. à soupe ou ½ tasse) de beurre dans une grande poêle à fond épais, de préférence antiadhésive, à feu moyen. Lorsque le beurre commence à mousser, incliner la poêle dans toutes les directions pour enrober le fond. Dès que la mousse commence à retomber, ajouter quelques morceaux de poulet. Les faire dorer jusqu'à ce qu'ils soient bien colorés sur toute leur surface, environ 2 à 3 minutes par fournée. Retirer à l'aide d'une écumoire et déposer dans un bol réservé. Poursuivre avec le reste des morceaux jusqu'à ce que tout le poulet soit doré.
  • 4. Incorporer le cumin et le paprika dans le beurre restant de la poêle. Remuer rapidement pendant 10 à 15 secondes. Verser la purée de tomates et laisser cuire à découvert jusqu'à ce que la sauce épaississe, environ 5 à 8 minutes, en remuant constamment pour éviter qu'elle n'attache ou ne brûle.
  • 5. Ajouter le sel, la crème et les morceaux de poulet avec leur jus accumulé dans le bol. Enrober délicatement chaque morceau de sauce en prenant soin de ne pas briser les pièces fragiles. Réduire le feu à moyen-doux et laisser mijoter à découvert jusqu'à ce que le gras commence à se séparer de la sauce et qu'un mince voile brillant apparaisse en surface, environ 10 minutes. Vérifier et remuer souvent, mais se limiter à un ou deux mouvements à la fois pour que la sauce ne brûle pas. Incorporer les 30 g (2 c. à soupe) de beurre restants, le garam masala et les graines de cumin grillées si utilisées. Retirer du feu et laisser reposer le plat à couvert pendant 30 minutes avant le service.
  • 6. Réchauffer délicatement le plat à feu doux jusqu'à ce qu'il soit bien chaud. Vérifier l'assaisonnement en sel, puis incorporer délicatement la coriandre fraîche hachée.
recette de poulet su beurre
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Soupe «Dahl»

La soupe «dahl» aux lentilles rouges, la plus célèbre des soupes indiennes.

La soupe aux lentilles rouges est en effet parmi les soupes les plus cuisinées au monde. Un maximum de saveur dans un minimum de temps, à servir avec du pain naan.


soupe de lentilles rouges

SOUPE DE LENTILLES ROUGES

POUR 4 PERSONNES  •  PRÉPARATION 15 MIN •  CUISSON 30 MIN

Les lentilles rouges, aussi appelées lentilles corail ont l’avantage de cuire rapidement. Elles peuvent aussi chaudes dans un cari ou froides en salade. Ajouter un bâton de cannelle dans l’eau de cuisson pour les parfumer.


INGRÉDIENTS

  • 1 oignon, haché finement
  • 30 ml (2 c. à soupe) d’huile olive
  • 3 gousses d’ail pressées
  • 1 litre (4 tasses) d’eau ou moitié eau, moitié bouillon 
  • 375 ml (1 ½ tasse) de lentilles rouges
  • 15 ml ( 1 c. à soupe) de cari jaune*
  • 1 à 2 pincées de sel

ÉTAPES

  1. Dans une casserole, dorer l’oignon dans l’huile pendant 5 minutes.
  2. Ajouter l’ail, le cari jaune, le sel, l’eau, les lentilles
  3. Porter à ébullition.
  4. Laisser mijoter doucement, à découvert environ 30 minutes. en remuant fréquemment.