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Chocolat chaud Deux Magots 

Deux magots café littéraire

Rituel gourmand d’un café littéraire

Au cœur de Saint-Germain-des-Prés, le chocolat chaud Deux Magots incarne bien plus qu’une boisson : c’est un théâtre vivant de la vie intellectuelle parisienne où l’histoire, la cuisine et l’atmosphère se nouent en une expérience singulière qui se joue depuis 140 ans.

Mémoire littéraire et atmosphère feutrée

Aux Deux Magots, certaines places semblent neutres, d’autres ont cette densité particulière, comme si l’air y était plus chargé qu’ailleurs. Cette mémoire est d’abord celle des écrivains et artistes qui ont fait du café mythique Paris un décor du Paris littéraire : Verlaine, Sartre, Simone de Beauvoir ont peu à peu imprégné les banquettes, les miroirs, le laiton. Aujourd’hui encore, s’installer devant un chocolat chaud à l’ancienne donne la sensation d’entrer dans une continuité plutôt que dans un simple service.

Dès le seuil franchi, les portes vitrées se referment, coupant le bruit de la rue. Le laiton des appliques accroche la lumière ; elle glisse sur les miroirs, découpe les silhouettes. Autour, le murmure des conversations se mêle au cliquetis des cuillères dans les soucoupes.

Le chocolat chaud Deux Magots : scène culte et rituel de service

Lorsque le chocolat chaud Deux Magots entre en scène, la salle se resserre imperceptiblement autour de lui. Les garçons de café glissent plus qu’ils ne marchent, leur veste blanche trace des diagonales nettes entre les tables. Leur geste n’a rien de démonstratif : c’est une écriture rapide qui court d’une table à l’autre sans jamais rater sa ligne, un protocole perpétué depuis des générations.

La chocolatière de porcelaine, posée au centre du plateau comme une petite urne rituelle, laisse filtrer un parfum dense de cacao et de lait chaud. La tasse arrive d’abord : fine, blanche, posée sur sa soucoupe avec la précision d’un point final. Puis le garçon incline légèrement la chocolatière, et le liquide sombre se verse en un fil épais, presque silencieux, qui nappe la porcelaine d’une chaleur visible. Le geste est millimétré, répété des centaines de fois par jour, mais toujours exécuté comme s’il fallait réussir la première prise d’un plan serré.

Préparé avec du chocolat Valrhona Équatoriale 55 %, le chocolat chaud Valrhona des Deux Magots est bien plus qu’une boisson : c’est un rituel qui prolonge l’expérience de la salle. L’onctuosité du mélange, l’arôme du cacao, le moment où le liquide se verse dans la fine porcelaine composent une scène visuelle et sensorielle où gastronomie et littérature se rencontrent. Savourer cette boisson lentement, en observant la salle autour de soi ou en se plongeant dans un carnet, c’est participer à la transmission silencieuse d’un art de vivre parisien.

Pâtisseries sous les suspensions

Un peu plus loin, une autre scène se joue : celle du plateau de pâtisseries. Sous le halo des suspensions, les entremets prennent des allures de bijoux : glaçages lisses comme du marbre poli, éclats de pistache, rubans de crème disposés avec une précision d’orfèvre. Le plateau s’avance entre les tables, miniature de vitrine ambulante ; les regards s’y suspendent, le temps d’hésiter entre une tarte citron vert aux contours parfaits, un millefeuille dont les strates s’alignent comme des pages de livre. La Trompinette, religieuse chocolat-framboise bicolore, rend hommage à Boris Vian et à son univers jazz ; elle figure parmi les pièces les plus demandées.

Un chapitre de plus à Saint-Germain-des-Prés

À la sortie, le palais garde la trace du cacao, de la crème, de la pâte feuilletée caramélisée. Mais ce qui persiste surtout, c’est la sensation d’avoir assisté à une scène parfaitement réglée où le décor Art déco, les garçons de café et les douceurs signées composent un même récit. Un récit où chaque chocolat chaud, chaque tarte posée sur le marbre devient, l’espace d’un instant, un chapitre de plus dans l’histoire gourmande et littéraire de Saint-Germain-des-Prés.

Histoire du café littéraire Les Deux Magots

En 1884, deux statuettes chinoises en porcelaine — des « magots » — donnent leur nom à un magasin de nouveautés rue de Buci. L’année suivante, le magasin devient café. Les poètes arrivent presque aussitôt : Verlaine s’installe, carnet ouvert, verre à portée de main. Rimbaud passe, Mallarmé aussi. Apollinaire transforme les tables en pupitre de création.

Le XXe siècle amplifie le mouvement. Les surréalistes font du café leur quartier général, puis les existentialistes prennent le relais. Simone de Beauvoir y rédige Les Mandarins, qui lui vaut le Goncourt. Picasso, Dora Maar et d’autres figures de l’art moderne transforment la salle en galerie vivante. Aujourd’hui, le café littéraire Les Deux Magots prolonge ce rôle culturel : il décerne le Prix des Deux Magots, organise les Soirées Apollinaire, maintient une tradition de plus de cent quarante ans.

À table aux Deux Magots

Au-delà du chocolat chaud et des pâtisseries de chef, la carte des Deux Magots Saint-Germain-des-Prés allie brasserie classique et signatures contemporaines. Œufs brouillés, croissants beurrés, croques-monsieur, tartares de bœuf et saumon, plats du jour enrichissent une offre qui ne renonce jamais à l’accessibilité malgré son prestige. Pour l’été ou les fins d’après-midi sucrées, la maison propose des glaces vanille, chocolat, café, pistache, et des coupes composées type Coupe St-Germain, associant sorbets, fruits frais, chantilly et liqueur de sureau. Ce mélange — entre intimité de café de quartier et prestige culturel — définit l’ADN culinaire du lieu.

CHOCOLAT CHAUD À L’ANCIENNE

inspiré des Deux Magots

Chocolat chaud inspiré des Deux Magots, café littéraire de Saint-Germain-des-Prés

POUR 2 À 3 PERSONNES  •  PRÉPARATION 5 MIN •  CUISSON 8 MIN •  

INGRÉDIENTS

• 500 ml (2 tasses) de lait entier de bonne qualité

• 110 g (¾ tasse) de chocolat Valrhona Équatoriale 55 % haché finement

• 60 ml (¼ tasse) de crème liquide 35 % (facultatif, pour plus de richesse)

PRÉPARATION

  1. Verser le lait (et la crème si utilisée) dans une casserole. Chauffer doucement jusqu’à frémissement léger, sans laisser bouillir — l’objectif est un mélange bien chaud, mais non brûlant.
  2. Hors du feu, ajouter le chocolat haché en petits morceaux au liquide chaud. Laisser reposer quelques instants, puis fouetter doucement jusqu’à obtenir un mélange lisse et brillant. Ne pas fouetter trop vigoureusement : l’objectif est une dissolution en douceur, non une aération.
  3. Remettre sur feu doux en fouettant régulièrement pour épaissir légèrement et homogénéiser, sans jamais faire bouillir. Ajouter la pincée de sel pour relever le goût du cacao. Ajuster la texture : si trop épais, détendre avec un peu de lait chaud ; si trop liquide, laisser mijoter quelques minutes en remuant constamment.
  4. Garder le chocolat à température douce, en le remuant régulièrement pour éviter qu’il ne tapisse le fond et ne brûle — c’est ce que les Deux Magots appellent un « mélange vivant ». Servir en chocolatière ou petite carafe, avec des tasses préchauffées pour préserver la chaleur et l’onctuosité.

Chocolat chaud à Saint-Germain-des-Prés :

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